Un vendredi par moi

Dario Valcarcel, directeur de la revue Politica Exterior, rejoint, dans une chronique du journal espagnol ABC, Bernabé Lopez Garcia sur sa position estimant abusif de considérer  le «Polisario comme l’unique et légitime représentant du peuple sahraoui.» Pour bien comprendre la portée de cette sortie, il est nécessaire de rappeler que Dario Valcarel est l’un des signataires d’une pétition hostile au Maroc signée en 2005 par de nombreux intellectuels espagnols. Celle-là même qui avait provoqué une réaction de quelque trois cent intellectuels marocains leur reprochant entre autre de considérer comme inaudible et sans crédit tout Sahraoui qui se prononce pour le Royaume ou passe du Polisario au Maroc. Le journaliste espagnol pousse l’analyse pour comparer le système marocain, «en évolution», au voisin de l’Est qui «entretient la prédominance de l’armée, héritière du FLN des années 1950.» Dario Valcarel estime également qu’avec l’offre marocaine d’autonomie, le dossier du Sahara «commence à sortir de son dangereux enlisement.» Il ajoute qu’ainsi «quelque chose a bougé dans le sous-sol marocain.» Sans doute et on peut dire autant pour le mur des intellectuels espagnols.

Une lectrice me reproche, en gros, mes lectures dans des livres qui cherchent dans l’Islam ce qui porte, de mon point de vue, vers la créativité et la tolérance. Elle se demande à mon égard si «le jour n’est pas venu [pour moi] d’implorer le pardon du Roi des rois, le Roi du jour de la rétribution?» L’attitude, excommunicatoire, ne se rend pas compte de ce qu’elle a de propre à l’église catholique de l’inquisition. Ne s’aperçoit pas, non plus, qu’elle se substitue au jugement dernier. Elle suppose que je suis loin de Dieu avant même que le Tout- Puissant n’ait eu à juger de mes actes. C’est précisément ce que je rejette dans l’islamisme. Il interpelle mes peurs et oublie ma raison.

La France et les Etats-Unis d’Amérique sont pour la démocratie, en principe, des pays de référence. Au pays du «premier amendement», le chef de l’Etat peut être traîné devant la justice, contraint  à s’excuser, le cas échéant, à être destitué, voire, parfois, à se faire assassiner sans autre conséquence pour la sécurité du pays que de voir le vice-président le remplacer. Pourtant, en France, il a fallu attendre 1991 pour voir une femme au poste de Premier ministre. 2007 pour qu’enfin une autre femme soit sérieusement candidate à l’Elysée. Aux USA, ce n’est que 371 ans après la création de Harvard qu’une femme accède à la tête de la prestigieuse université, 271 ans après l’indépendance pour qu’une autre se voit offrir le poste stratégique de secrétaire d’Etat, 231 ans pour qu’un black devienne chef de l’état-major des armées avant qu’il n’aille, dix ans plus tard, enregistrer un nouveau record à la tête de la diplomatie américaine. Une consœur de couleur l’y remplacera pour entrer dans le Guinness américain en étant la première femme noire à ce job. De toute l’histoire des USA, seuls cinq noirs ont occupé un siège au Sénat. Dont Barack Obama. Retenez ce nom. Il est candidat à l’investiture des démocrates en concurrence avec Hillary Clinton. Une femme et un noir qui ont de réelles chances d’être des candidats à la Maison-Blanche et tout autant d’y accéder. De l’inédit. A Washington, on fantasme déjà sur un ticket Hillary-Obama ou inversement. Si le fantastique se réalise, il y aura pour la première fois une femme et un noir au sommet de l’hyper-puissance. Une nuance cependant, Obama est à moitié blanc. Mais nul n’est parfait. Ni l’homme ni sa démocratie.

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