Un vendredi par moi

Les négociations entre le Maroc et le Polisario sur l’avenir du Sahara qu’abritera New York à partir de cette semaine constituent un round d’exploration. Il devrait globalement permettre aux parties en conflit et à l’auspice onusien et international de baliser le cadre des négociations et de procéder à une première prise de langue dans un processus devant trouver une solution politique au problème. Il est en conséquence prématuré de faire un quelconque pronostic sur leur sort. Néanmoins, c’est  déjà là que le comportement des négociateurs augurera de l’avenir de ces rencontres. La solution appartient toujours au génie propre de la négociation, mais il y a trois façons d’aborder des tractations de ce genre :
Une volonté réelle de sortir du guêpier servie par une franche collaboration. Une attitude que l’on qualifierait de positive quand bien même ne chercherait-elle qu’à obtenir un maximum de concessions. Ce n’est visiblement pas dans cet esprit que débarqueront les hommes du Polisario à New York.
Une position fondée sur la manœuvre dilatoire espérant retarder l’échéance, vider la solution proposée de sa substance pour revenir à la case départ. C’est apparemment l’objectif qui anime Mahfoud Ali Biba et ses amis.
Enfin, une logique d’affrontement pour tendre l’atmosphère et créer des tensions dans les négociations. Ce troisième positionnement est généralement une tactique d’appui qui peut tout aussi bien servir la recherche sincère d’une issue avec un maximum de gains  que de viser à saboter le processus. Je soupçonne le Polisario plus intéressé par le sabordage que par le succès des négociations mais quels que soient les sentiments qui l’animent, il est depuis le début dans la crispation.

Toute négociation est par définition difficile. Celles qu’entame le Maroc avec le Polisario l’est particulièrement. D’abord de par sa nature. Elle met en jeu des équilibres stratégiques régionaux touchant à l’intégrité territoriale du Maroc. Ensuite, par la dépendance d’une des deux parties de la négociation, le Polisario en l’occurrence. Les puissances qui parrainent le processus le devinent bien en préconisant, chaque fois que l’occasion se présente,  des explications entre Rabat et Alger.  Sans souveraineté réelle à l’égard du parrain algérien, le Polisario, en dehors d’un  accord maroco-algérien, devra revenir à chaque coup de la partie d’échecs en consultation avec le patron. Or, Alger ne montre aucun signe d’apaisement. Cela nécessitera de l’Algérie l’abandon, tout en leur trouvant des substituts, de son rêve prussien mais aussi de toute une culture d’adversité avec le Maroc qu’elle a mise à contribution dans la construction de l’Etat national algérien à peine vieux de quarante cinq ans. Qui lui a servi également dans le pétrissage du lien social. Malheureusement, la seule impression d’unité que donne l’Algérie c’est une forme "d’union sacrée" faite d’une mixture de rancœur injustifiée, de complexe de supériorité collective et d’infériorité individuelle nourries par une fierté démesurée et un orgueil sans limites. Tout le reste de l’édifice algérien, ou pratiquement, aux prises avec une violence qui n’en finit pas d’être résiduelle, est en difficulté. De la pseudo sociologie assaisonnée par un simulacre de psychanalyse ? Peut-être. Mais voici un grand pays dont le peuple n’a pas reculé devant le sacrifice, généreusement nanti par la nature en moyens d’asseoir naturellement son rang et son influence, mais qui n’arrive à vivre en paix ni avec lui-même ni avec ses voisins. Dès lors, comment faire pour comprendre ses frénésies qu’en recourant, fut-ce en partie, aux outils de la psychanalyse ?   

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