Un vendredi par moi

Des échos provenant de Madrid, mais aussi de Rabat et de Casablanca, assurent que c’était accorder trop de crédit à un journal électronique peu connu, El Imparcial, et trop d’importance à un journaliste espagnol, Pedro Canales, qui n’en n’a aucune. Qu’en définitive, Rabat a gracieusement fait une publicité inespérée au site en question. C’est un point de vue, mais qui méconnaît ou néglige les techniques de désinformation et d’intoxication auxquelles recourent ceux qui, pour une raison ou une autre, cherchent à troubler l’image du Maroc. La technique est d’une simplicité déconcertante mais efficace. Un site Internet lance le bobard, une radio le reprend en citant le site, une télévision enchaîne en se fondant sur la radio, le lendemain, la presse écrite s’emmêle en y ajoutant son sel, à vue d’œil la boule de neige grossit, la désinformation devient info, le conditionnel cède le pas à l’affirmatif. Dans le cas de l’information d’El Imparcial, l’ambassade du Maroc à Madrid a été rapidement assaillie par les coups de téléphone, le journal électronique en alimentant des journaux s’est autoalimenté d’eux en reprenant sa propre information, citant ces mêmes journaux, qui n’ont fait que le reprendre, comme une nouvelle source confirmant ses allégations. Imagine-t-on ce qu’on n’aurait-on pas dit si le Palais Royal n’avait pas réagi ?

Le Mouvement pour tous les démocrates : «Plus qu’un parti !» La formule d’Ahmed Akhchichine n’est pas très heureuse. La concurrence, déjà pas contente de voir pointer à l’horizon une formation politique capable de lui damer le pion, se cabre. C’est quoi plus qu’une parti ? La question est bonne, mais les réponses qui lui ont été apportées par les commentateurs politiques et journalistiques ne sonnent pas tout à fait juste. En fait, ce que Fouad Ali El Himma et ses amis veulent initier, si j’ai bien compris, c’est une autre façon de faire la politique. En rupture, qu’il s’agisse de la démocratie interne ou de la construction de l’organisation, avec les techniques qui ont été usées autant qu’ils ont usé l’establishment partisan au Maroc. La plate-forme que le mouvement a présentée à l’opinion publique ne prétend pas redécouvrir la roue ni réinventer le fil à couper le beurre. Mais cherche à donner une dimension concrète à des orientations déjà en place, cependant snobées par la classe politique. Il s’agit, entre autres, des recommandations de l’Instance Equité et Réconciliation et du contenu du rapport sur le développement humain. Les premières, toujours d’actualité,  tendent au plan constitutionnel et comportemental à une plus profonde démocratisation du pays. Le rapport sur le développement humain a été, lui, un moment rare dans l’histoire du Maroc. Les Marocains étaient divisés en deux camps distincts, ceux pour qui tout va bien et ceux pour qui tout va mal. Le rapport nous a permis de disposer d’une analyse exhaustive de ce qui roule et de ce qui ne se porte pas bien. Il a montré les voies qui mènent à la régression et celles qui conduisent au meilleur possible. A cette fin,  il a exploré l’avenir, ouvert des pistes et fait des propositions à un débat public et contradictoire. C’est d’abord ce débat qui fait défaut et plus encore la mise en œuvre des principales orientations du plan. Si le MTD se propose de prendre en charge cette mission, l’initiative ne devrait pas déboucher, en principe, sur une bouderie collective du plaisir. 

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