Un vendredi par moi


Moulay Ismaïl Alaoui (PPS) ne trouve pas le PAM de Fouad Ali El Himma à son goût. C’est son droit. Chacun est libre de considérer cette formation comme une menace sur l’évolution démocratique du Maroc et une réédition de pratiques politiques auxquelles on devrait le sempiternel «un pas en avant, deux pas en arrière». Encore faudrait-il pour porter ces reproches que tout un chacun soit en mesure d’attester par les faits n’avoir rien à se reprocher en matière de contribution à ces pratiques. Ce n’est qu’une remarque dans le style «soit dit en passant», mais croire pouvoir faire de la politique tout en restant immaculé est d’une incommensurable naïveté. C’est triste mais c’est ainsi d’autant que l’essentiel des forces politiques a inscrit la construction de la démocratie marocaine dans la progressivité. Le PPS a d’ailleurs été, à raison, un précurseur sur cette voie et Moulay Ismaïl est en devoir de continuer à alimenter le débat et à défendre les acquis de son parti. Dans l’autre sens, chacun est libre d’estimer que Fouad Ali El Himma offre une alternative aux «lacunes et travers» des partis traditionnels tel que révélés par les législatives de septembre 2007. L’intelligence et l’originalité d’une démarche qui veut s’inscrire dans le «sens de l’histoire» ne sont pas encore apparues au grand jour, mais ceux qui y croient sont en droit d’y mettre leur foi. Ce qui est par contre fâcheux, c’est que l’habituellement pondéré Moulay Ismaïl les traite de «ramassis de bâtards». Ce n’est ni élégant ni moins encore porteur d’idées. Dans un débat de qualité qui devrait être celui de notre ménage politique, cette phrase voulue assassine, résonne comme une réflexion adultère. Un enfant dans le dos du bon goût.

Le mouton à crédit gâche la fête. Sans doute. Sans doute aussi que c’est un piège en cercle vicieux. Sans doute encore, et pour cette raison précisément, que l’Etat devrait intervenir pour réduire les taux d’intérêts de ces emprunts au seuil minimal possible et les faire porter au crédit de l’action solidaire que le Maroc s’échine à réinstaurer depuis dix ans. Bien mieux qu’une campagne publicitaire, les banques y gagneraient en image. Il suffirait de faire des intérêts une forme de zakat. Mais de là à suggérer leur interdiction, il y a un ovin à ne pas sauter. Passez-moi la redondance, la grande fête a la particularité particulière d’être la fête des enfants par excellence. Le mouton de l’Aïd c’est la joie des chérubins et si Dieu en a fait don à Abraham pour sauver in extremis son fils du sacrifice, que ne sacrifieraient pas les parents pour les leurs ? Les convaincre de l’illégitimité religieuse du mouton à crédit revient à réduire les démunis, comme c’est souvent le cas, au désolant spectacle de la vente de leur mobilier. Et dire qu’il y a mieux à faire qu’une campagne pour le hijab religieusement correct : une campagne pour expliquer que le sacrifice n’est guère une obligation en Islam et que le mouton immolé par Amir Al Mouminine suffit à la peine.

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