Un vendredi par moi

Je me disais bien qu’à force de lire le quotidien Attajdid, officiellement porte-parole du Mouvement de l’Unicité et de la Réforme et accessoirement du PJD, je finirai par tomber sur quelqu’un qui prend des positions  autres que les postures moralisatrices sur les comportements des gens en société musulmane. L’oiseau rare existe. Il est universitaire et député. Almukri’e Elidrissi Abouzaïd, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ouvre la voie à de nouvelles interprétations du Coran et des prescriptions de l’Islam. Son langage est guerrier mais son constat est clair : «le discours islamiste qui combat les laïcs et les occidentalisés est, lui aussi, dans la plupart de son contenu traditionaliste.» Pour lui, il y a urgence à relire le Saint Livre à la lumière de l’époque actuelle et non plus à celle, forcément de la chandelle à l’huile, qu’utilisaient les théologiens à l’aube de l’Islam. C’est un grand pas en avant. Il faut juste espérer qu’il ne sera pas suivi par deux autres en arrière.

Il semble que la France dépense 13 milliards de centimes – les centimes pour faire grossir le chiffre – afin d’imposer sa francophonie au Maroc. Je ne sais pas si ce sont treize milliards par mois, par an ou par quinquennat, mais le francophone que je suis est désolé de vous le dire : cette montée au créneau contre la langue française est un combat sans objet. Cela fait plus de trente ans que le compte à rebours a commencé. Les jours du français au Maroc sont comptés. Les Marocains l’utilisent de moins en moins et de plus en plus mal. S’il reste encore une langue de travail, il est cantonné dans les limites de l’élite. L’anglais a commencé son processus de pénétration. Par la découverte de l’école américaine et canadienne mais aussi par la prise de conscience des parents qui poussent leur progéniture vers l’apprentissage de la langue de Shakespeare. L’Internet dont le contenu est à plus de 70% en anglais fait doucement mais sûrement le reste. Maintenant si dans cette tourmente il s’agit de préserver et de développer l’arabe, il faudra trouver d’autres voies que les hostilités logorrhéiques avec les autres langues.

Il semble aussi que l’Algérie nourrit des prétentions sur des milliers d’hectares en Israël appartenant aux Habous marocains et entend recourir au tribunal international pour en déposséder le Maroc. L’embrouille est compliquée mais si elle paraît possible, c’est parce que à un moment donné, en 1957, Rabat avait refusé la proposition française de régler la question de la contrepartie de l’exploitation de ces terres avec Tel-Aviv, de peur que cela ne soit compris comme une reconnaissance tacite d’Israël. Alger n’a visiblement pas les mêmes scrupules.  Cette affaire c’est un peu l’histoire qui se répète. A l’indépendance du Maroc, Rabat avait refusé de négocier avec Paris la délimitation des frontières avec l’Algérie pour ne pas nuire à la résistance algérienne, se contentant d’un accord avec le gouvernement provisoire. De la monnaie de singe dont l’unique leçon est qu’avec Alger il ne faut jamais accepter les chèques.

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