Un vendredi par moi

Finalement, ce n’était pas aussi mauvais qu’on pouvait le craindre. Il y a eu le buz de la campagne électorale avec le décolleté généreux de la candidate PAM de Bouknadel. Tartuffes et voyeurs ravis se sont disputé les honneurs du commentaire pour porter aux nues la femme dans son rôle d’Eve, celle par laquelle l’air frais arrive sur une campagne qu’on sentait quelque peu morose. Comme quoi, parfois, il suffit d’un rien. D’un rien, façon de dire. Et puis il y a eu à proprement parler le PAM désormais juché sur sa légitimité électorale et heureux de sa toute nouvelle première place. Fouad Ali El Himma semble avoir une idée précise de ce qui l’attend : transformer les notabilités locales de son parti en un courant politique durable. Quand la fièvre de la formation des bureaux des communes tombera et que la routine reprendra ses droits, gageons qu’il occupera toute sa place dans le paysage politique. Il y a également l’Istiqlal qui se maintient bien et pas vraiment mécontent de sa deuxième position. Le RNI qui pouvait nourrir quelques inquiétudes s’en tire, en fin de compte pas mal. Au quatrième rang, l’USFP est ambivalent, un temps pas mécontent, un autre tout à fait malheureux. L’UC ne semble pas non plus accablée et le Mouvement Populaire qui a laissé des plumes sur l’hôtel de ses crâneries devait  s’estimer heureux. Le PPS, le vague à l’âme verse une larme sur le recul de la gauche et le PJD n’en finit pas de nous surprendre. On l’attend en tête, il prend la queue. Pour autant il ne s’estime pas dépossédé. Naturellement, il vitupère, peste et proteste contre l’utilisation massive de l’argent sale, mais en définitive son chef de file juge tout à fait honorables les résultats de son parti. En scrutant les fissures de l’Iran, la défaite des islamistes koweïtiens et l’insuccès du Hizbollah au Liban, on comprend mieux son bonheur. 

J’aurais été un peu paranoïaque, je soupçonnerai une anguille sous cette concorde dans la discorde. Le taux de participation, facilement explicable, pas grisant mais respectable, met du baume au cœur de chacun. Néanmoins, la bonne nouvelle n’est probablement pas là. Pas uniquement en tous les cas. Depuis la proclamation du scrutin, vous avez eu votre overdose des politologues patentés (ou très tentés) et des badauds  improvisés analystes. Mais relevons tout de même deux petites choses. Le fameux rapports vingt-quatre-vingt subrepticement glissé par le ministre de l’Intérieur au cours de sa conférence de presse. Huit formations politiques, c’est-à-dire juste un peu plus de vingt pour cent des partis, captent plus de quatre-vingt pour cent des voix. Les autres, une trentaine, vivotent sur les marges. Conclusion ? Trop d’émiettement tue l’émiettement et il est grand temps qu’ils rangent leurs ambitions contrariées pour rejoindre, chacun selon sa sensibilité, les autres formations. Le paysage politique gagnerait en clarté, en précision et en crédibilité. Ce peloton formé couvre d’une autre signification le positionnement du PJD en  sixième place qui n’a de sens que si elle est ramenée à la performance des islamistes en termes de suffrages et de sièges. Ils font à peine mieux que le PPS et se situent parmi les bons derniers. Et c’est eux qui donnent le plus de la voix. Il y a comme ça des contre-ténors qui n’ont pas le physique de l’emploi.       

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