Un vendredi par moi

’entends par là que quel que soit le bout par lequel on prend la séparatiste, elle brûle. Je dis ça à l’intention de tous ceux qui chez-nous considèrent, les conseilleurs n’étant pas les payeurs, que les autorités marocaines se seraient fait avoir et ont offert à l’Algérie sur un plateau d’argent un outil de propagande contre le Maroc. Leur approche voudrait que Rabat supporte et gère l’affaire avec le dos de la cuillère pour faire preuve d’une tolérance démocratique qui lui vaudrait aux yeux de «l’opinion publique internationale» un dix sur dix. On laisse croire ainsi que nos autorités, trente-cinq ans de confrontation avec les méthodes algériennes, ont agi à l’aveuglette sans soupeser le pour et le contre de leur attitude qu’il s’agisse de Tamek et consorts ou d’Aminatou et ses pairs. Nonobstant, le point de vue en lui-même n’est pas dénué de sens. Si bien et si fort que c’est précisément ce que Rabat a fait depuis dix ans. Grâces royales, tolérance de l’activisme de ceux qu’on a appelé le «Polisario de l’intérieur» au point que le drapeau national a été impunément autodafé à Rabat, répression molle quand il s’est agi de circonscrire les vaines tentatives d’embrasement des provinces sahariennes au point que des esprits mal avisés ont pris les indulgences du Maroc au mieux pour de la frilosité, au pire pour de l’impuissance. Parallèlement, et à l’invitation de l’ONU se rendant enfin compte que l’option indépendance n’était pas tenable, Rabat s’est évertué à imaginer des solutions alternatives. Du plan Becker I à l’offre d’une large autonomie qui contraint le Maroc à revoir l’ensemble du dispositif de son organisation territoriale, on ne peut pas dire que les Marocains ont ménagé leurs efforts. Mais comme au sommet arabe de Rabat en 1974, comme au sommet de l’OUA à Nairobi en 1981, comme en 1984 à Addis-Abeba, comme après l’idylle maroco-algérienne de quatre ans (1988 – 1992) qui a vu éclore l’UMA, chaque fois que le Maroc fait un pas en avant, l’Algérie opère deux pas en arrière. Pour les évènements de ces dernières semaines, deux questions majeures restent sans réponse. Pourquoi dans la perspective d’un nouveau round de négociations, Tamek et ses acolytes ont ostentatoirement traité avec les services algériens ? A l’horizon de la célébration de la proclamation de la RASD en février, que préparaient Aminatou et ses semblables ? Je suppose et je suppose beaucoup de choses et je suppose surtout que Rabat n’a pas durci le temps sur un coup de tête. Pour le reste, si Aminatou entend mourir pour la «cause», pourquoi pas après tout ? Des séparatistes ont déjà laissé leurs vies en se frottant à l’armée marocaine et des milliers de soldats marocains sont tombés l’arme à la main pour la marocanité du Sahara.

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