Un vendredi par moi

L’Association marocaine des droits de l’Homme telle qu’en elle-même, le cache-misère d’une tendance politique gauchiste qui refuse de regarder en face son échec historique. Par le retrait au dernier congrès des avant-gardistes, de la gauche unifiée et des indépendants, Annahj, un avatar de Ila Alamam, va devoir assumer comme un grand, ce qu’il n’est pas soit dit en passant, ses positions sur le Sahara. Car c’est essentiellement sur ce point que le congrès a achoppé, les trois autres composantes refusant de suivre les nahjistes dans ce qu’il faut bien appeler comme le chat par son nom, la félonie. Trente cinq ans que le Maroc s’use à défendre son unité et son intégrité territoriales, trente cinq ans qu’un groupuscule, s’appuyant sur des relais extérieurs, joue la cinquième colonne pour le bonheur d’Alger et le plaisir de son avorton polisaroïd. Il n’y a qu’une façon d’appréhender ce congrès et ses conclusions appelant au Sahara à une «solution démocratique», un euphémisme pour inviter Rabat à se rendre avec armes et bagages aux vues d’Alger. Avec tolérantisme. Ce mot résonne curieusement mais Annahj est un mouvement bizarre. Un groupuscule qui entend livrer le tiers du territoire national aux ambitions prussiennes de l’Etat voisin. Un édifice public, la salle des sports Ibn Yassine à Rabat, abrite l’ouverture de son congrès sous la protection bienveillante des forces de l’ordre. Il poursuit ses travaux dans un autre bâtiment public, le centre de Bouznika. Il les achève dans la quiétude et l’agence de presse officielle en rend largement compte, nous donne le nombre des membres de la, avec majuscule, Commission administrative de l’AMDH et les noms de son Bureau central, quand l’Algérie, qui dit n’avoir aucune convoitise sur le Sahara, ne tolère pas un seul article remettant en cause sa politique à l’égard du Maroc. Il n’y a rien à redire, c’est la démocratie au pays de Mawazine et du PJD. La même AMDH va nous chanter l’hymne de la militance sur l’absence de la démocratie au Maroc, le recul des libertés, le harcèlement de la presse et ainsi de suite. Ses militants donnent l’impression de souffrir d’une forme aiguë de bipolarité et pour comprendre Annahj il n’y a qu’une seule solution, la psychanalyse. C’est un mouvement, à l’image de tous les gauchismes des années soixante-dix, né pour une bonne part d’un traumatisme post défaite, celle des Arabes face à Israël en 1967. Il s’est nourri d’une illusion, le déterminisme historique qui lui a fait croire que la recette marxo-léniniste assaisonnée de mao-trotskysme allait le conduire inéluctablement au triomphe. Mais la monarchie s’est avérée plus résistante que le mur de Berlin et entre-temps l’implosion de l’URSS est passée par là et le capitalisme par la Chine. Depuis, inconsciemment  il cherche une victoire par procuration et en fait le transfert sur le Polisario.

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