Un vendredi par moi

Alger cache mal derrière des propos diplomatiques de circonstance sa contrariété face au raid franco-mauritanien sur une base des jihadistes d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) au Mali pour libérer un otage français ou encore prévenir une probable attaque contre la Mauritanie. Du coup sa presse se déchaîne au nom d’un souverainisme propre à Alger et s’élève comme une seule plume contre cette intervention conjointe qui menacerait pas moins que l’indépendance de l’Algérie. A ses yeux, il serait dangereux de mêler un pays étranger à la région à des opérations de sécurisation des pays du Sahel. Ce raisonnement, aux desseins connus, suppose que ces Etats, menés bien sûr par l’Algérie dont la presse vante l’expertise, sont en mesure d’assurer leur propre sécurité. L’objectif est louable. Mais s’il avait été possible, cela ferait longtemps qu’on l’aurait su. Ou du moins qu’Alger en aurait fini avec les attentats qui secouent régulièrement son pays.  Dans ce contexte rien n’est plus inconvenant pour Alger que de dénoncer au nom d’un souverainisme déplacé l’opération franco-mauritanienne. D’abord et jusqu’à nouvel ordre parce que la Mauritanie est un Etat souverain tout aussi bien que le Mali qui jusqu’à ample informé n’a pas dénoncé cette incursion dans son territoire. Ensuite, parce que tout l’arsenal militaire qu’utilise l’ armée de l’Algérie n’est pas à ce que l’on sache de fabrication algérienne et ce sont bien, ne serait-ce que dans un premier temps, des experts étrangers, français entre autres, qui entraînent les éléments de l’ANP à son maniement. Toute la limite du souverainisme est là. En dépit de l’impuissance patente d’Alger à maîtriser totalement sa propre situation intérieure, malgré des dépenses outrancières dans le surarmement, le pouvoir    persiste à vouloir imposer son leadership exclusif  à la région. C’est une malformation congénitale qui cherche à compenser l’absence de profondeur historique de l’Etat algérien par une hypertrophie de l’ego national, jeune et par conséquent immature. Autrement il se serait rendu compte que l’ensemble des soucis sécuritaires que connaissent les pays du Sahel ont pour source l’Algérie. Qui sont ces militants de l’Aqmi sinon pour l’essentiel des Algériens ? Pays riche en ressources naturelles, l’Algérie a eu un pouvoir pauvre en imagination, incapable de donner du rêve, du bonheur et de la prospérité aux Algériens. Il en a découlé les islamistes du FIS et ce qui s’en est suivi comme guerre civile dont les ondes de choc se sont propagées aux pays de la région. Etat hégémoniste, il a créé avec le Polisario le marigot de Tindouf qui surinfecte les surfaces ulcéreuses de notre aire. Tous les oncologues vous le diront, on ne circonscrit pas les métastases si on ne réduit pas la tumeur.

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