Un vendredi par moi

Images saisissantes où l’on voit le Roi inspecter des hôpitaux militaires de campagne, installés pour aider des populations confrontées chaque hiver à la rigueur de la saison. Image encore plus éloquente où l’on est captivé par cette vieille montagnarde palper le Souverain comme pour vérifier que c’est bien lui en chair et en os. L’on pourrait rétorquer qu’après tout le Souverain s’adonnait là à un exercice dont il est coutumier depuis qu’il a accédé au pouvoir suprême, le Trône sur le cheval, l’exception étant qu’on le voit très rarement se prélasser pour longtemps quelque part. Peut-être. Seulement ce jour là se jouait dans la région de New York une partie d’échec diplomatique capitale tandis qu’à Laâyoune des groupes séparatistes surfant sur des revendications sociales tentaient de transformer le mouvement en une émeute générale pour donner du grain à moudre à la délégation de l’Algérie, ou du Polisario, c’est du même au pareil, afin de saborder l’évolution du dossier du Sahara. Dans une telle tension, on pouvait imaginer le Roi mobilisé dans son Etat-Major à suivre à la seconde l’évolution des deux évènements. Comme on le sait, il n’en fut rien. La sémantique de cette scène connote plusieurs significations. La plus importante étant la sérénité du Souverain. Certain, en raison de l’attitude du Polisalgérie, que la rencontre de New York ne pouvait que perpétuer le dilatoire, sûr que les évènements de Laâyoune  ne donneraient lieu, malgré leur aspect spectaculaire et les dégâts, qu’à un embrasement de paille, le Roi, imperturbable, avait mieux à faire en apportant du réconfort à des populations réellement dans le besoin. Trois confluents de brigands ont versé dans les débordements de Laâyoune. Les trafiquants des drogues dures dont la marge de manœuvre s’est fortement réduite depuis que la surveillance des frontières avec la Mauritanie a été renforcée. Les passeurs des émigrants clandestins vers les Iles Canaries réduits pratiquement au chômage pour les mêmes raisons. Et le retour d’une quantité de jeunes Sahraouis chassés de l’Espagne par la crise économique. La logistique (quatre x quatre, talkies walkies…) vient des deux premières composantes sur lesquelles les «séparatistes de l’intérieur» ont pris appui. Une convergence d’intérêts servis par des assassins professionnels dont devraient se méfier les populations du Sahara et inciter nombre d’entre elles à un minimum de décence et de pudeur à la vue des besoins des petites gens du Moyen et du Haut Atlas.

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