Un vendredi par moi

A mille lieues de là, le lauréat de cette année, l’opposant chinois Liu Xiabo, croupit dans une cellule aux antipodes du luxe du palais norvégien. Le prix est destiné à récompenser «la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et la progression de la paix.» Je ne sais pas si Liu Xiabio rentre dans l’une ou l’autre de ces cases, mais si dans sa solitude cette récompense peut lui être d’un quelconque réconfort, pourquoi pas ?
Il n’est pas dans mon intention de dénigrer le prix dans sa globalité. Beaucoup d’entre eux ont été attribués à juste titre. Ceux de Nelson Mandela, Frederik de Klerk et Desmond Tutu ont été largement mérités. Plus contesté a été celui de l’ex-président américain Théodore Roosevelt, perçu comme un militariste, et pas très compréhensible celui décerné par anticipation à Barack Obama. Rétrospectivement, les Nobel de Itzhak Rabin et Shimon Peres paraissent usurpés. Celui de Yasser Arafat fut tout simplement un attrape-nigaud. L’égyptien Anouar El-Sadate a obtenu le sien pour avoir définitivement affaibli le front arabe face à Israël. Michael Gorbatchev pour avoir permis l’implosion de l’Union Soviétique. Et il faut bien craindre que les Nobel de la Birmane Aung an Suu Kyi et du Chinois Liu Xiabo ne ressemblent au Nobel du physicien russe Andrei Sakharov reçu en pleine splendeur de l’URSS : une pierre dans la mare chinoise et de ses alliés pour enrayer la montée en puissance de la Chine Populaire. Il faut bien le croire, les Nobel de la paix sont aussi des armes de guerre.
Dans la chronique de la semaine dernière, j’assurais qu’Internet contrairement à une idée communément admise était une invention suisse et non américaine. Cette assertion a fait sursauter un lecteur de ALM, M.Pierre Larroque qui par un mail affirme : «Il me semble que vous faites une confusion entre Internet qui a été développé par les USA (au MIT, son ancêtre s’appelant Arpanet) et qui veut dire Interconnexion Network (et non, comme certains l’affirment, International Network) et le WWW (le «web») reposant sur le HTTP et HTML et qui a été inventé au CERN en Suisse.» Même si j’avais été induit en erreur par Dan Brown, dans je ne sais plus «Da Vinci code» ou «Anges et démons», je prends acte de la correction. C’est effectivement l’Américain Vint Cerf avec Bob Khan qui est l’un des cofondateurs de l’Internet pour des besoins militaires. Le web qui est une simple navigation revient au Britannique Tim Berners-Lee qui travaillait pour le compte du CERN de Genève. C’était comme confondre le cheval avec sa selle. On n’en finit pas d’apprendre.

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