Un vendredi par moi

J’ai lu quelque part un appel invitant les jeunes du 20 février à s’organiser en parti politique. L’idée  aurait pu être intéressante si elle avait un quelconque rapport avec la réalité. En son état actuel, elle témoigne d’une méconnaissance complète du terrain. Il suffit d’habiter le pays et de se frotter un peu à la réalité pour relever que le 20 février c’est désormais cette instance vampire qui s’est autoproclamée conseil de soutien. Une véritable toile d’araignée qui, en usant habilement de son appui logistique et financier, a fini par prendre le contrôle du mouvement. On y retrouve la JAWI de Yassine qui est déjà fortement structurée et poursuit ses propres objectifs. On y rencontre toutes les petites gauches organisées : PSU, PAGS, Mou’tamar aittihadi, des syndicalistes de cette mouvance et surtout Annahj. Il avance faussement dissimulé derrière l’association marocaine des droits de l’Homme qui recycle dans cette activité une partie des financements d’ONG européennes dont certaines sont fortement soupçonnées d’accointance avec l’Algérie et le Polisario. Ce composite, contre-productif par imbécilité puisqu’il ne s’en est pas rendu compte, a vidé le mouvement de sa substance. Si fort et si bien  que les jeunes du 20 février ont été réduits en des coordinations sans homogénéité dans la réflexion et l’action qui n’a de coordonnée que le nom. Il est vrai que le Mouvement du 20 février avec le souffle frais qu’il a soulevé à ses débuts a fait bouger les lignes. Mais il est vite tombé en panne d’imagination et d’idées. Il est passé ainsi à côté de la chance d’être une sorte de mai 68 marocain capable par son audace et ses innovations de contraindre la société à changer de vision et de comportement. Au lieu de conduire à des bouleversements sociétaux à même de mieux ouvrir le pays sur son environnement et sur le futur, les 20 févriéristes ont perdu en dix sept jours l’initiative. Ils n’ont pu ni constituer une alternative à l’existant ni pousser celui-ci à se rénover en profondeur. Abdeslam Yassine vient encore de sévir par une sortie sur le site de son mouvement. La JAWI, dit-il, n’est pas contre le Roi mais contre le pouvoir héréditaire.  Sans régime qui se lègue de père en fils peut-on faire des monarques contre lesquels on n’a rien ? Si comme le prétendent ses disciples, le chantre de l’obéissance absolue au guide, quand le guide c’est lui, peut passer à travers les murs, on peut aisément concevoir que l’ex reclus de Salé est capable de franchir les frontières de la cohérence. Le propos de Yassine ne souffre par l’équivoque. Pourtant l’enseignant chercheur Mohamed Darif, un spécialiste de la zaouïa yassinia,  estime que par cette position le leader de la JAWI a tempéré son attitude à l’égard de la monarchie. Darif et moi ne devons pas fréquenter le même ophtalmologiste. A mon humble niveau, j’ai vu Yassine plutôt dépasser le seuil de sa lettre, L’Islam ou le déluge, et surpasser le cap de son ouvrage Alminhaj annabaoui dans lesquels il déclare sa prédisposition à se soumettre à la volonté du sultan si le souverain suivait la voie de Omar Ibn Abedelaziz : devenir un Roi moine.

PS : Nadia Yassine serait-elle Nadia Yassine si elle n’avait pas été la fille de son père ?    

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