Un vendredi par moi

Il est temps et bien plus que le temps pour que la classe politique se libère du champ de la réforme constitutionnelle et de ses pendants afin d’aller au charbon et de monter sur le pont. L’immensité du chantier social ne peut plus souffrir de l’attente. Sa demande, si forte, est en passe d’essaimer des foyers de tension qui défient l’autorité de l’Etat de façon inhabituelle jusque-là. C’est une évidence qui va sans dire, mais elle va mieux en la disant : la démocratie c’est bien, mais démocratie et désordre sont antinomiques. Là où l’adoption de la nouvelle Constitution aurait dû créer une dynamique partisane et civile sans pareille, on assiste à une entrée en latence, au sens psychanalytique du terme, de la sexualité politique de nos différentes élites. Encore une fois, et on le voit à l’actualité, il n’y a que le Roi sur le terrain. Demander le partage du pouvoir est une chose, en assumer la portée et les conséquences en est une autre. L’argutie juridique se substitue à l’offre programmatique, la chicanerie politique à l’action créatrice et les procès d’intention à la proposition. Les appréhensions des différents partenaires de la réforme peuvent se concevoir compréhensibles, mais devraient-ils se contenter éternellement de la défiance du chat échaudé ? Ce qui devrait rassurer les parties en présence ? La clarté du propos royal sur une Constitution qui s’impose à chacun. Une fois votée et promulguée, elle est au-dessus de tous et de tout. En exprimant son «attachement à la suprématie de l’esprit et de la lettre de la Constitution, unique voie judicieuse pour son application», le Souverain a fermé la porte aux lectures biaisées. Une seule entrée est possible pour décrypter la Loi fondamentale, «son essence démocratique».  C’est parce que le Roi connaît l’habileté des juristes, et des hommes en général, à faire aux lois des enfants dans le dos, qu’il impose ce dogme aussi bien à la pratique qu’à l’interprétation de la Constitution. A elle seule, cette approche trace les limites de l’activité des mouvements extraparlementaires, notamment les islamistes et les gauchistes, antidémocratiques par conviction, définit l’espace d’action pour, par exemple, le PJD au cas où il viendrait à prendre la tête des prochaines législatives et, surtout, fixe la seule aune saine pour apprécier tout recours à l’arbitrage royal ou devant le Conseil constitutionnel. Dans l’esprit de Sa Majesté Mohammed VI, toute relation adultère avec la Constitution serait désormais «une transgression inacceptable, contraire à la volonté commune du Roi et du peuple.» Aux lecteurs. Ici s’arrête mon aventure avec Un vendredi par moi. Que ceux qui m’ont fait l’honneur de me lire, parfois de m’écrire, soient remerciés. Mes remerciements vont aussi aux techniciens, correcteurs et journalistes d’ALM.

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