Zéro !

Zéro !

Ce mercredi 19 décembre sortira le nouveau film de Nour Eddine Lakhmari, intitulé «Zéro» ! Sincèrement si Nour Eddine n’existait pas, il faudrait l’inventer !
Casa Negra fut un choc, en fait un électrochoc -salutaire- eh bien attendez-vous à une intensité encore supérieure avec ce nouvel opus.
Nour Eddine n’a pas son pareil pour nous mettre face à nous-mêmes, pour nous poser face à une glace sans teint dans laquelle il nous oblige à nous regarder, c’est en effet à une sorte d’introspection que le jeune cinéaste nous invite, nous qui précisément en avons bien besoin car nous pencher sans complaisance sur nous-mêmes pour faire notre autocritique n’est pas notre fort, avouons- le ! Bourrés de paradoxes, de contradictions, de problèmes identitaires non résolus, nous risquons – si nous ne réagissons pas – de nous replier sur nous-mêmes, d’accepter de moins en moins la différence et d’abandonner les valeurs d’ouverture et de tolérance qui ont fait de nous ce que nous sommes et ont contribué à notre réputation internationale…
Nour Eddine fait partie des personnalités, des artistes qui font avancer la société en «osant» ! En nous mettant à nu, en nous emmenant dans les profondeurs d’une ville telle que Casablanca, en nous plongeant dans un univers qui ressemble à ce que nous sommes avec nos parts d’ombre, nos éclats, nos noirceurs, nos fulgurances il réalise une oeuvre artistique, à la fois belle et inquiétante, attirante et envoûtante et qui quelque part dépasse l’artistique proprement dit.
Ils sont quelques-uns à réussir cela, dans le cinéma, la musique, le théâtre, l’écriture… et ils soulèvent les passions : on les adore ou on les déteste, mais ils ne laissent personne indifférent !
Dans notre société où le poids des (faux) tabous est si lourd, où nous avons tant de mal à parler à nos jeunes des choses de la vie, une personnalité telle celle de Nour Eddine est une «personne référence», une sorte de salut public»…Tous les jeunes -et les moins jeunes bien sûr- qui le peuvent, doivent aller voir ce film, pour y découvrir cet «anti héros», ce «Zéro» que nous pouvons tous être à un moment de notre vie, écrasé par la monotonie d’une vie, humilié par deux  hommes : son père et son supérieur, ballotté dans un univers dur, impitoyable…et qui trouve cependant la «rédemption».
Nour Eddine possède un autre don, celui de découvrir de nouveaux talents, de nouveaux visages, des personnalités neuves, ce qui ajoute à la performance…Ce personnage de Zéro, j’en suis sûr, hantera longtemps notre esprit après l’avoir vu, certaines scènes, certaines répliques deviendront même ‘’cultes’’ comme cela a été le cas avec Casa Negra, certaines expressions viendront enrichir notre darija, j’en fais le pari !
Nour Eddine Lakhmari, Driss Ksikes, Narjis Nejjar, Fouad Laroui, Bigg, Reda Allali… pour rester dans le domaine artistique, représentent quelques-uns des talents qui nous font avancer en ne nous faisant aucun cadeau, en nous en «mettant plein la figure», ils nous tendent les miroirs dans lesquels nous rechignons à nous voir et encore plus à nous reconnaître…nous incitant à dépasser notre refus de nous regarder sans fards et à faire cet indispensable travail sur nous-mêmes.

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