2002, l’année de la fusion

L’année 2002 était l’année de toutes les musiques spirituelles. Ainsi, la 8ème édition du Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde a non seulement mis en avant son ambition de devenir un carrefour interculturel mais a innové en allant vers le public dans la ville et sa médina où les groupes de musique se sont produits gratuitement. La capitale culturelle du pays a également abrité le 2ème Festival de Malhoun, initié cette année sous le thème « la Société marocaine dans la Qacida du Malhoun ».
Dans le même registre, la 6ème édition du Festival de la Musique des Gnawa d’Essaouira est devenu un important événement musical, battant d’année en année le record d’affluence. L’évenement confirme ainsi son statut de véritable champ de dialogue multiculturel. Un peu plus loin, Rabat a été elle aussi la capitale du cosmopolitisme et des arts, le temps de la première édition d’un festival baptisé Mawazine où les rythmes du monde se sont donnés rendez-vous.
Les rythmes d’Afrique et d’Amérique Latine étaient à l’honneur avec une pléiade d’artistes de renom tels le Sénégalais Youssou N’dour ou la Diva Cesaria Evora ou encore la reine de la salsa Celia Cruz. Le Festival Arabe de Luth, organisé à Marrakech, a tenu à rendre hommage à un virtuose de cet instrument : Saïd Chraïbi, tandis que l’artiste Abdelhadi Belkhyat a reçu le Rabab d’Or 2002, en signe de considération pour sa contribution à la promotion de la musique marocaine. Mais la capitale du sud a également abrité le 6ème Festival de la Chanson Marocaine. Une édition qui a fait couler beaucoup d’encre : le jury a décidé de n’accorder aucun prix aux 11 chansons en compétition. L’autre événement contrariant vécu par les Marrakchis et les amateurs de la musique populaire fut l’éclipse de la 38-ème édition du Festival National des Arts populaires.
Dommage. Safi, la ville des Abda, a pallié, en partie, cette absence en accueillant le 3ème Festival de l’Art de la Aïta, en concomitance avec la première édition du Festival de la Fantasia. Plus universel, « Tanger Jazz » a fait de la ville du Détroit, le temps d’un festival, la capitale du jazz, une édition qui a remporté un franc succès. Tanger a également accueilli le 4-ème Festival International de Musique portant son nom.
À Casablanca, la musique était également en fête lors du 3ème Festival des Créateurs Marocains à l’Etranger « Rawafid » et du 4-ème Festival de la Chanson Arabe qui a connu la participation de huit pays et rendu hommage à la chanteuse et actrice égyptienne Houda Soltane. D’autres faits saillants ont marqué l’année 2002 parmi lesquels la création d’une nouvelle instance syndicale des artistes. Il s’agit de l’Union des Créateurs de la Chanson Marocaine qui a vu le jour à l’initiative d’artistes renommés tels Abdelouahab Doukkali, le compositeur Ahmed Alaoui et le musicologue Ahmed Aydoune. Il y a lieu de citer également la sortie d’une anthologie de la musique marocaine, fruit d’une collaboration entre le ministère de la Culture et Maroc Télécom qui met en relief la diversité du patrimoine musical national à travers un coffret de 30 CD et 5 cassettes vidéo.

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