8 mars : des Femmes sous la coupole

8 mars : des Femmes sous la coupole

Le Maroc compte 35 femmes à la Chambre des représentants et 3 à la Chambre des conseillers. Le Parlement marocain compte donc au total 38 femmes députées. Et pourtant, leurs activités sont quasiment inconnues du grand public. L’action de nos femmes députées passe ainsi presque inaperçue, même si l’expérience marocaine est citée en modèle à l’étranger. En fait, passée l’euphorie des premiers jours, la place de la femme au sein des instances élues donne l’impression de se réduire comme peau de chagrin.
Nos femmes parlementaires se défendent cependant et affirment qu’elles ont marqué le Parlement de leur présence. Selon Nouzha Skalli, députée PPS, le tableau n’est pas si noir que cela. Pour elle, il faut tout d’abord ramener l’action des femmes députées à sa proportion réelle, en la comparant notamment au travail des hommes parlementaires. «Il y a des femmes qui ont participé à des postes de responsabilité au sein du Parlement. Et à ce niveau, il y a eu quelques expériences positives, mais auxquelles on n’a malheureusement pas donné suffisamment de temps pour qu’elles prennent de l’ampleur», estime Mme Skalli qui insiste sur le fait qu’«il y a des entraves qui font que les femmes parlementaires ne donnent pas le meilleur d’elles-mêmes. Mais il faut être attentif à ne pas être injuste. Elles font un grand effort, mais il n’est pas visible au nom de toutes les femmes ».
Mais cet état des lieux tend à changer, notamment avec la création du Forum des femmes parlementaires. Bouchra Khyari, députée FDT et présidente du forum, estime en effet qu’il s’agit d’une expérience exceptionnelle et particulièrement réussie. Elle dresse par ailleurs un bilan positif des actions des femmes au sein du Parlement. Pour elle, «les femmes parlementaires s’acquittent bien de leur mission. Elles sont présentes dans toutes les commissions». Bouchra Khyari nous a confié par ailleurs que grâce au forum, les femmes parlementaires ont maintenant, et plus que jamais, des objectifs communs, notamment celui de pousser les femmes à une plus grande représentativité dans les postes de décision.
Halima El Assali, députée MNP, n’est cependant pas du même avis que ses deux consœurs. Pour elle, «Chacune travaille pour son compte et à sa façon». Elle nous confie par ailleurs qu’«il existe trop de jalousie ainsi qu’un manque de coordination entre les femmes parlementaires». Ce qui les empêche vraisemblablement de travailler ensemble.
En tout cas, il faut reconnaître que la présence de 38 femmes au Parlement est certainement l’un des faits marquants de l’actuelle législature, mais le jugement de l’action des femmes députées reviendra à l’électeur lors des prochaines législatives.  

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