À bâtons rompus avec Ambari

À bâtons rompus avec Ambari

ALM : Qu’est-ce que vous pensez de la tarification des actes médicaux proposée récemment par les gestionnaires de l’Assurance-maladie obligatoire ?
Abdelouahed Ambari : Je pense que cette tarification reste en deçà des attentes du corps médical. La réunion qui a eu lieu avec le Premier ministre est venue pour clarifier les choses. À son issue, nous nous acheminons vers 2 types de tarifications, une tarification de responsabilité qui sera assumée par la CNOPS et une tarification de référence qui sera assurée par la CNSS. Il nous reste jusqu’à fin mars pour arriver à un compromis qui, je l’espère, prendra en considération le juste coût des actes médicaux, les revendications des médecins ainsi que la nécessité pour nous de voir aboutir l’AMO dans les meilleures conditions.

Nous sommes à la veille des élections des membres du Conseil National et des Conseils régionaux de l’Ordre national des médecins, quel va être, selon vous, le schéma directeur de ces élections ?
Je dois dire que ces élections ont tardé à venir puisqu’elles auraient dû avoir lieu il y a 4 ans. Suite aux revendications formulées par les médecins et les débats qui ont suivi ; ces élections ont été retardées. Actuellement, nous sommes en cours de préparation de ces élections, les listes électorales ont déjà été affichées. Ces élections auront lieu le 18 juin, à leur issue, nous aurons 14 Conseils régionaux et non 7 . Ceci répond à deux objectifs majeurs. Le premier est de suivre le découpage administratif du Royaume, le deuxième de rapprocher ces Conseils du corps médical. Nous espérons que celui-ci, conscient des enjeux, participera de façon massive à ces élections.

Comment expliquez-vous alors le faible taux de participation du corps médical aux élections précédentes ?    
Relativement à l’Ordre des médecins, je pense qu’il existe chez les confrères une certaine ambivalence qui veut que d’un côté le Conseil de l’Ordre soit fort et de l’autre on craint fortement son action. En d’autres termes, une des raisons principales du Conseil de l’Ordre est le maintien de la discipline et la sauvegarde des principes moraux de la médecine. Et la discipline est nécessaire pour que la profession soit crédible. Or le maintien de la discipline suppose une action permanente de l’Ordre ce qui est une manifestation de l’autorité et nous savons qu’elle sont les relations de l’ensemble de la population vis-à-vis de l’autorité. Celle-ci est souvent souhaitée mais souvent aussi rejetée et crainte.

N’est-il pas regrettable de voir des médecins marocains émigrer à cause d’un présent et d’un avenir incertain quand on sait le coût de leur formation ? 
En effet, il est regrettable, voire dramatique, de voir un pays qui compte seulement 16.000 médecins pour plus de 30 millions d’habitants perdre ses compétences. Si ces médecins avaient trouvé les conditions pour s’épanouir chez eux, ils ne penseraient pas à quitter leur pays. Je pense qu’avec l’AMO surtout, si pratiquée dans les bonnes conditions, si le pouvoir d’achat s’améliore, les 16.000 médecins actuels ne seraient pas suffisants pour soigner la population marocaine car on est loin des normes prescrites par l’OMS.

La concentration du plus grand nombre de médecins dans l’axe Casablanca-Kénitra ne suggère-t-elle pas la nécessité de mettre en place une carte sanitaire pour le Maroc ?
Je pense que la meilleure carte sanitaire doit se faire par l’incitation. La facilité d’installation et l’incitation fiscale pour ce qui est des médecins du secteur libéral. Pour ce qui est des médecins de la santé publique, j’imagine que le ministère a planifié la répartition des médecins selon le besoin.

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