A la une : Ça suffit…

L’Etat aime-t-il les artistes ? «Pas vraiment », dirait l’autre. Ou du moins les « actes » de cet Etat ne seraient pas à la hauteur de ses « déclarations d’amour ». Décryptons : l’Etat est appelé à mettre la main à la poche pour aider l’artiste à produire. Il le fait, certes, pas suffisamment, mais quand même… Plus de 3,5 millions de dirhams pour subventionner annuellement la production et la promotion théâtrale ; plus de 16 millions de dirhams pour aider à la production cinématographique… Bien sûr, ces chiffres sont encore loin de répondre aux besoins pressants des milieux d’art.
Ces chiffres devront en effet être revus à la hausse pour une meilleure productivité, et tout, et tout. Mais sachons du moins reconnaître le mérite de cette politique d’aide qui, rien que dans le domaine du cinéma, a valu à notre pays d’être classé 1er producteur de films longs-métrages dans le monde arabe (douze, par an), et 2ème pays après l’Afrique du Sud sur le continent-noir.
Ce qui est vrai du cinéma, l’est également du théâtre. L’Etat subventionne un total de 46 spectacles par an, production (23) et diffusion (23). Ce qui fait de notre pays l’un des premiers producteurs de spectacles à l’échelle aussi bien de l’Afrique que du monde arabe.
En citant ces chiffres, on ne veut surtout pas faire dans l’optimisme béat.
Avec beaucoup d’artistes, on continuera à revendiquer la politique d’aide publique à la « chose artistique ». Seulement voilà, ce serait injuste que de s’acharner à situer la question uniquement en amont. Prenons le « cas » inquiétant de la télévision (voir dossier ci-contre). L’Etat injecte des sommes faramineuses au tube cathodique, il est allé jusqu’à imposer un quota aux deux chaînes-sœurs pour subventionner et donc encourager la production artistique nationale. Mais toujours est-il que la qualité ne suit pas, la cascade d’inepties, pour ne pas dire de débilités, que l’on nous a servies pendant le Ramadan précédent, offre ici un exemple affligeant.
L’Etat a beau honorer ses obligations de moyens, nos deux télévisions n’honorent toujours pas leurs obligations de résultat. Ce qui devrait porter, sinon à remettre en cause, du moins en question la politique d’aide publique à la télévision. Les contribuables sont d’ailleurs à chaque fois révoltés à l’idée d’avoir à payer de leurs propres poches les « pots cassés » de « producteurs » qui, à quelques proportions gardées, ont réussi les fiascos les plus retentissants de l’histoire des ratages.
Pour l’une comme pour l’autre, il s’agit aujourd’hui de justifier ses «salaires ». Cela devrait passer par ériger la compétence au premier plan, autrement dit : « Bonsoir, la télé » !  
Alors, de grâce, ça suffit…

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