A la une : Abdellah Hgour «Boujemii est lésé dans ses droits»

A la une : Abdellah Hgour «Boujemii est lésé dans ses droits»

Que représente pour vous la commémoration du 31ème anniversaire du décès de votre frère Boujemii ?
Abdellah Hgour : L’anniversaire de la disparition de Boujemii est d’abord pour nous un souvenir douloureux. Cela nous rappelle que nous avons perdu un être patient, compréhensif et pacifique. Mon frère était également un artiste bourré de talents. Ses livres ne le quittaient pas. ses objets de culture et de connaissance l’accompagnaient toujours et partout.
 Lorsque nous évoquons les souvenirs de son décès, toute la famille est envahie par un sentiment de nostalgie et d’amertume aussi. Une tristesse qui est ressentie face à l’insouciance et à l’indifférence manifestée à l’égard du défunt. C’est flagrant. Nous remarquons et depuis plusieurs années déja qu’il y a une volonté d’effacer la mémoire et l’œuvre de Boujemii.

Que voulez-vous dire par là ?
Je m’explique. Le jour de la mort de Boujemii, c’est-à-dire le 24 octobre 1974, Omar Sayed a tout fait pour convaincre l’entourage que mon frère était malade et qu’il est mort d’un ulcère.  Lorsqu’ils ont entendu qu’un doute planait sur son décès, Omar Sayed et le défunt Larbi Batma ont eu peur. Ils ne voulaient en aucun cas suivre la piste de l’assassinat de Boujemii. Lorsque le médecin légiste a proposé de réaliser une autopsie, Omar Sayed et Batma ont été les premiers à s’y opposer. Ils ont senti qu’ils seront foutus si jamais ce doute était clarifié et que son assassinat certifié. Le corps de Boujemii a donc été enterré sans faire l’autopsie.

Est-ce bien là la seule raison de votre malentendu avec Omar Sayed ?
Cela fait partie des raisons qui nous poussent à affirmer que le clan de Omar Sayed use de tous les moyens pour renier le succès de Boujemii.
Entre autres. Omar Sayed était comme un frère pour nous, mais lorsque nous nous sommes rendu compte de ses comportements flagrants, nous n’étions pas contents. Quelques années après la disparition de Boujemii Omar Sayed et Batma voulaient voler la vedette à Boujemii. Ils voulaient accaparer la popularité du défunt. La preuve, des hommages étaient rendus à Batma et Boujemii était écarté. Ces deux amis et camarades n’étaient pas reconnaissants de  tout l’effort que Boujemii avait consenti. Cela, tout en sachant que Boujemii était l’un des fondateurs de Nass El Ghiwane.

Que pensez-vous du rôle de l’Association des amis de Nass El Ghiwane ?
C’est une association dont le seul vrai but est financier. Elle est utilisée à des fins commerciales. Au lieu d’organiser des soirées-hommages, des débats, des spectacles, il n’y a rien qui est fait.

Votre famille perçoit-elle des droits d’auteur ?
Nous ne percevons pas la totalité des droits d’auteurs. Il y a certains morceaux écrits par Boujemii que les membres restants de la formation ghiwanie chantent en public, alors qu’ils sont enregistrés sous la propriété du défunt. Aussi, le clan de Omar Sayed suit la logique selon laquelle 5 ans après la mort de l’artiste, il peut utiliser à son aise les chansons de Boujemii et les accaparer. Mais les membre de ce  clan ne savent pas que les héritiers de Boujmii deviennent après sa mort les détenteurs premiers de ces droits.

Comptez-vous porter plainte ?
On y pense sérieusement. Depuis quelques temps déjà, je suis en train de rassembler un dossier complet pour pouvoir déposer plainte contre cette exploitation de l’œuvre et de l’image de Boujemii. Aussi, j’ai l’intention de demander que l’autopsie soit faite même 31 ans après sa mort. De cette façon, tout le monde sera fixé une fois pour toutes.

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