A la une : Communication : un secteur en plein boom

A la une : Communication : un secteur en plein boom

ALM : Les Marocains ont de plus en plus recours à la communication. S’agit-il d’un changement de mentalité ?
Neïla Tazi : Oui, puisque les modes de vie et de consommation sont en pleine évolution et nous pouvons le sentir au Maroc tout particulièrement depuis une dizaine d’années. Il y a une offre de plus en plus importante de produits et de services, de plus en plus de concurrence, ce qui incite les entreprises à travailler leur image pour se faire connaître.

Quel genre de services propose votre agence de communication ?
Depuis 1992, notre agence A3 Communication, a été parmi les premières à se spécialiser dans le domaine de l’événementiel. Depuis une dizaine d’années, nous avons développé un axe important qui est celui de l’événement grand public et culturel en particulier, tant dans le domaine de la  conception que de l’organisation et de la communication.

Vos clients se limitent-ils aux initiateurs de festivals? Les hommes politiques, entre autres, ne sont-ils pas également demandeurs ?
Nous consacrons une part importante de notre activité aux festivals puisque c’est un domaine que nous maîtrisons bien et qui nous passionne. Nous avons  eu diverses expériences à travers des événements tels que le Trophée Aicha des Gazelles, la Transat des Alizés, Caftan, Khmissa, des lancements de produits et autres.
Au Maroc, les hommes politiques font plutôt appel à des conseillers en communication plutôt qu’à des entreprises de communication. Egalement, depuis quelques années nous constatons que le poste de chargée de communication commence à trouver sa place au sein des principaux ministères. En parallèle,les ministères et les villes font de plus en plus appel à des agences de communication tant pour leur identité visuelle que pour des campagnes de sensibilisation et des événements.

Intervenez-vous auprès des sponsors pour obtenir le financement des activités ?
Nous sommes souvent sollicités pour ce type de service mais nous ne le faisons que pour les événements sur lesquels nous sommes coproducteurs ou fortement impliqués.La recherche de financement repose sur un dossier solide et une réelle crédibilité en termes de réalisation. Nous ne pouvons solliciter les sponsors que si nous avons la maîtrise de l’événement et donc la garantie de remplir les engagements pris auprès de ces sponsors.

Avez-vous le droit de créer vos propres festivals ?
Oui le festival Gnaoua et Musiques du monde en est la preuve. Cependant, cela reste très difficile car les festivals sont des projets ambitieux qui nécessitent des moyens financiers importants et un cadre juridique particulier (regroupant de nombreux intervenants) et non encore mûr à ce jour.
Le Maroc connaît une croissance importante dans ce domaine d’activité qui s’intègre parfaitement dans la politique touristique mise en place. Cependant, les pouvoirs publics doivent se pencher sur ces questions de cadre juridique afin de stimuler les agences d’événementiel à initier ce genre de projets et garantir leur pérennité qui repose sur des équipes solides, ayant une parfaite maîtrise de leur métier et une vision stratégique pour le développement de leurs idées.

Y a-t-il un statut qui définit clairement votre champ d’action ?
Non, il n’y a pas de statut précis et la différence entre un  organisateur et un producteur est souvent mal comprise. Un producteur initie un projet, trouve les financements nécessaires pour le faire évoluer dans le temps. En bref il prend les risques et assume les pertes des départ. A la différence d’un organisateur qui n’engage aucun risque puisqu’il est rémunéré pour faire un travail de réalisation d’une idée et d’un concept qui ne lui appartiennent pas.

Quel est le secret de la réussite du Festival Gnaoua, dont vous êtes en charge ?
La réussite du festival Gnaoua et Musiques du monde repose sur un concept fort et original. Ce festival est unique en son genre. Les Gnaoua  font  partie de notre patrimoine culturel et ce festival est venu redonner vie à cette musique qui était  quelque peu oubliée. La notoriété du festival sur le plan international est de plus en plus forte et cela est une fierté pour nous tous. Mais la réussite du festival repose incontestablement sur le dévouement d’une équipe passionnée qui y trouve des valeurs fortes de solidarité et de générosité humaines. Nous accordons une importance capitale au contenu et nous nous efforçons chaque année de remettre en question notre travail pour satisfaire un public fidèle et de plus en plus connaisseur. Il est difficile de pérenniser un festival, cela nécessite de la détermination, de la patience, de l’abnégation, de l’imagination et beaucoup d’humilité !

Comment envisagez-vous l’avenir du métier de la communication au Maroc ?
Très positivement. Il est simplement nécessaire de permettre à tout un chacun d’avoir les clés de lecture de ce secteur d’activité puisqu’il regroupe différents champs d’actions. Il est surtout important que chacun se spécialise dans ce qu’il maîtrise le mieux pour plus d’équité. De plus en plus de jeunes étudiants se projettent dans ces métiers,  ce  qui est un signe encourageant.
Nous accueillons chaque année de nombreux stagiaires et les demandes d’emploi sont également importantes.
Je reste donc confiante dans l’avenir car il existe maintenant des professionnels qui partagent leur expérience et forment ainsi les jeunes dans les règles de l’art… lesquels sauront  répondre à une demande réelle des Marocains d’un service et d’un loisir de
qualité.

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