A la une : Dkhissi : «Booster le film maghrébin»

A la une : Dkhissi : «Booster le film maghrébin»

ALM : Pourquoi, d’abord, un Festival du cinéma maghrébin ?
Jamaleddine Dkhissi : Le continent africain compte plusieurs festivals à connotations géographiques différentes : africain, arabe, arabo-africain, méditerranéen, subsaharien, mais l’entité maghrébine ne jouit pas encore de ce privilège. D’où la nécessité, voire l’urgence, de créer un espace de rencontres entre les cinéastes des cinq pays du Maghreb, lesquels forment un groupement socio-culturel avec des bases communes et des entités diversifiées, riches en patrimoine et en potentialités créatrices. Le festival d’Oujda doit être une vitrine de cette richesse.

Eu égard à la faible production cinématographique dans les pays du Maghreb, votre festival ne serait-il pas confronté au manque flagrant de films ?
Concernant les nouveautés, cela dépend – vous n’êtes pas sans le savoir – des productions et de leur nouveauté. Dans ce sens, le Maroc produit 12 longs-métrages et 18 courts-métrages par an, le tout bénéficiant des subventions octroyées par le Fonds national d’aide à la production cinématographique, sans oublier les coproductions avec les sociétés étrangères des pays amis et les productions des cinéastes marocains résidant à l’étranger. La Tunisie, elle, produit plus de 6 longs-métrages par an. L’Algérie, pour sa part, produit 2 à 3 films par an. Mais ce qui est valable pour le Maroc, l’est également pour la Tunisie et l’Algérie en ce qui concerne les coproductions et les productions des cinéastes résidant à l’étranger. Bien sûr, cela est loin d’être le cas de la Libye et de la Mauritanie où la production est irrégulière. Mais voilà, ce festival vient à point nommé pour donner une impulsion à la production et à la coproduction maghrébo-maghrébine.

La distribution du film maghrébin est, sinon absente, du moins très faible. Que peut apporter le festival pour surmonter cet autre handicap ?
La visibilité des films maghrébins reste, à l’échelle aussi bien locale, régionale qu’internationale, endeçà de nos espoirs. Elle est, en effet, pénalisée par l’absence patente de circuit de distribution, encore monopolisés par tous genres de films, sauf ceux des pays maghrébins. D’où l’opportunité de créer une synergie entre les professionnels du secteur, permettre la visibilité des films de chaque pays, en mettant en contact les distributeurs pour les inciter à diffuser les films maghrébins dans les cinq pays maghrébins. La création d’un festival, a fortiori à Oujda, ville maghrébine emblématique, répond à ce vœu partagé de rencontre entre les professionnels du 7ème art des cinq pays maghrébins.

La créativité cinématographique dans le Maghreb est-elle à la hauteur de vos attentes?
Cette créativité, dans chacun des cinq pays, a connu des évolutions certaines, à vitesses certes différentes, mais en s’affirmant continuellement aux niveaux arabe, africain, méditerranéen et international. Le talent des cinéastes maghrébins est aujourd’hui reconnu par tous.

Pourriez-vous nous dire, à la fin, le credo de votre festival ?
Notre ambition est de hisser le Festival du cinéma maghrébin au rang des grandes manifestations régionales. Pour ce faire, il est impératif de lui assurer popularité, prestige et pérennité. Popularité par la qualité des programmes offerts au grand public, prestige par la présence des cinéastes et acteurs de grande renommée; pérennité par la crédibilité du cadre juridique qui l’organise, ses partenaires, associés et sponsors, et par la réussite de chaque édition.


 Les films sélectionnés
 Maroc :
«Mémoire en détention » de Jilali Ferhati;
« L’Enfant endormi » de Yasmine Kessari;
« Le Grand voyage » d’Ismaïl Ferroukhi;

Algérie :
« Les suspects » de Kamel Dahane;
« Si Mohamed U M’hand » de Yazid Khodja;
« El Menara » de Belkacem Hadjaj;

Tunisie :
« La villa » de Mohamed Damak;
« Le Prince » de Mohamed Zran;
« Noces d’Eté » de Mokhtar Ladjimi.

Rencontre-débat :
Thème : « Cinéma et mémoire,
Mémoire du cinéma ».

Communications :
Mostafa Mesnaoui (Maroc);
Abdelhakim Meziani (Algérie);
Kamal Benouanes (Tunisie).

Intervenants :
Jilali Ferhati (Maroc);
Belkacem Hadjaj (Algérie);
Abdellatif Benammar (Tunisie).

Modérateur :
Mohamed Bakrim (Maroc).

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