A la une : Evénementiel, question de communication

A la une : Evénementiel, question de communication


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a y est, les Marocains ont trouvé la panacée. Pour réussir un événement, il faut absolument faire appel à une agence de communication. Que cet événement soit un festival, une kermesse, un congrès, un meeting politique, une campagne de sensibilisation, à défaut de communication, il ne vaut pas grand-chose. Si cet événement n’est pas sciemment relayé et promu auprès du public, sa cible privilégiée, il risque de passer inaperçu. Dans l’indifférence. Peine perdue. Si, par contre, cet événement est pris en charge par des professionnels de la communication, les seuls capables de le vendre auprès de l’opinion publique, via les médias et autres supports, eh bien vous auriez obtenu les effets souhaités.
Pour s’en rendre compte, il suffit de s’interroger pourquoi des événements comme Gnaouas et Musiques du Monde d’Essaouira, « Timitar » d’Agadir, pour ne citer que ces deux grands festivals, ont réussi à susciter un intérêt populaire inégalé. Bien sûr, le choix du concept, le plateau-programme, une réflexion sur le public et le territoire sur lequel ces festivals se déroulent sont cruciaux à leur réussite; il y a lieu de signaler que ce travail également est du ressort des agences de communication. «Depuis 1992, explique Mme Neïla Tazi, patron de A3 Communication, nous avons développé un axe important qui est celui de l’événement grand public et culturel en particulier, tant dans le domaine de la conception, que de l’organisation et de la communication».
Initiatrice du Festival Gnaouas et Musiques du Monde, avec l’Association Essaouira Mogador, A3 Communication a doté cet événement d’un concept fort et original, en parfaite conformité avec l’esprit d’une ville considérée comme le berceau des Gnaouas du Maroc… « Le Messager.com », avec de nombreuses autres agences, emboîte le pas à A3 Communication, sachant bien que cette boîte est également derrière plusieurs événements, comme le Festival de la musique des cimes (Imilchil).
Comme A3 Communication, les services qu’elle propose ne se limitent pas à la seule communication autour d’un événement. Création du concept, de l’affiche, du visuel, promotion auprès des médias, recherche du sponsoring… Le champ de travail d’une agence de communication peut être encore plus large.
En dehors des festivals, certes un domaine de prédilection pour les agences, les politiques, les acteurs sociaux et économiques sollicitent également les services des professionnels de la communication. S’agissant des ministères, le chargé de communication devient un poste-clé. Mais pour organiser des événements de taille, le recours aux agences de communication reste irréversible.
Il en va de même pour les acteurs sociaux, les entreprises commerciales et industrielles qui font de plus en plus appel aux professionnels de la com’ pour vendre leurs produits. Si variés que soient les clients, l’objectif reste le même : promotion de l’image de marque d’entreprises ou de personnalités publiques. Le souci accru de sa propre image explique ce boom que connaît le secteur de la communication au Maroc. Si ce secteur est encore jeune, sachant bien que son émergence remonte à peine à une dizaine d’années, il a réalisé une percée foudroyante. Une percée qui trouve son explication dans la transformation de la société mondiale en général, et de la société marocaine en particulier.
Sur le point de savoir si le progrès que connaît le secteur de la communication au Maroc est dû à un changement de mentalités, Neïla Tazi répond par l’affirmative : « Oui, puisque les modes de vie et de consommation sont en pleine évolution et nous pouvons le sentir au Maroc tout particulièrement depuis une dizaine d’années.
Il y a une offre de plus en plus importante de produits et de services, de plus en plus de concurrence, ce qui incite les entreprises à travailler leur image pour se faire connaître », fait remarquer le patron de A3 Communication. Seulement voilà, cet essor restera précaire tant qu’il n’est pas protégé par un cadre juridique. A la question de savoir si la profession est organisée par un statut juridique, comme c’est le cas pour d’autres métiers, Mme Tazi répond par la négative : « Non, il n’y a pas de statut précis et la différence entre un organisateur et un producteur est souvent mal comprise. Un producteur initie un projet, trouve les financements nécessaires pour le faire évoluer dans le temps ; en bref, il prend les risques et assume les pertes de départ.
A la différence d’un organisateur qui n’engage aucun risque puisqu’il est rémunéré pour faire un travail de réalisation d’une idée et d’un concept qui ne lui appartiennent pas », explique Mme Tazi. Ainsi donc, il est temps que le législateur marocain réfléchisse sérieusement sur les moyens de protéger le secteur, en le dotant d’un cadre juridique bien défini.

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