A la une : Film d’une belle aventure

L’embellie que connaît le 7ème Art marocain, ce n’est pas du «cinéma ». Ni de la rhétorique creuse de quelques vaniteux encastrés dans les salons feutrés du show-biz, et moins encore le fait de « cheïkhates » adeptes de l’inénarrable formule « Tout va bien ». Non, loin de là. La percée du cinéma marocain est réellement réelle (excusez le pléonasme). Nos cinéastes, d’ici ou d’ailleurs, ont montré une remarquable agressivité lors des festivals les plus prestigieux au monde.
En témoignent ces nombreux et grands prix qu’ils ont jusqu’ici décrochés un peu partout dans le monde, de Copenhague à Ouagadougou en passant par le Caire. De ce côté également, le public se réconcilie avec son cinéma. De plus en plus de cinéphiles retrouvent le chemin des salles, ce qui confirme la popularité de notre cinéma.
Les réalisateurs ont compris qu’il faut utiliser un langage proche de leur vécu, en traitant de sujets inspirés par leur quotidien : les enfants de la rue, la sexualité, la condition de la femme, l’immigration, les détentions arbitraires ayant caractérisé les années de plomb… Nos cinéastes ont compris qu’il fallait également faire la part des goûts, en servant un cinéma qui, tout en préservant un souci de proximité, s’ouvre sur l’universel.
D’où cette belle reconnaissance que le cinéma marocain rencontre à l’étranger, qui se traduit par une moisson importante de distinctions internationales. Cette reconnaissance est due principalement à nos réalisateurs établis sous d’autres cieux, lesquels sont généralement des jeunes. Restés attachés à leurs racines, ces jeunes qui ont appris les techniques modernes de cinéma, notamment en Europe, ont apporté leur pierre à l’édifice du cinéma de leur pays d’origine. Si souvent ils reviennent chez eux discuter de projets de co-production pour leurs films, à l’étranger, c’est au nom de leur pays qu’ils disputent les meilleurs prix. Bref, l’apport de ces jeunes réalisateurs immigrés au cinéma national est indéniable.
Autre facteur de cette percée, il n’est pas des moindres : la professionnalisation du système de production au Maroc. L’application du système de « l’avance sur recettes » par le Centre cinématographique marocain (CCM) a révolutionné en quelque sorte le mode d’aide publique à la chose artistique, ce qui a permis au secteur de rompre avec une longue période d’assistanat. Cette nouvelle politique, installée sous le mandat fructueux du DG du CCM, a permis de niveler le cinéma marocain vers le haut et d’optimiser le nombre de productions nationales. Le résultat ? Il est excitant: le Maroc est considéré aujourd’hui comme la première puissance cinématographique à l’échelle aussi bien arabe qu’africaine.
C’est dans ce beau contexte qu’intervient la huitième édition du Festival national du film (FNF).

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