A la une : Hommages

Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres à Marrakech. Des cinéastes venus d’horizons lointains s’y retrouveront ce soir, avec sur les bras des projets différents mais sur le cœur un sentiment partagé : fêter ensemble le cinéma. Marrakech, qui cultive depuis cinq ans l’image de cité par excellence des «Lumières», s’apprête à son tour à dérouler le tapis rouge pour les accueillir. Point de repère : le Palais des congrès, qui abritera ce soir la cérémonie d’ouverture du 5ème Festival international du film de Marrakech (FIFM).
Une ouverture qui se présente sous les couleurs nationales, puisque qu’elle mettra à l’honneur l’acteur et l’humoriste qu’on ne présente plus, Amidou. Dans le même esprit, un grand ami du Maroc montera sur le podium pour recevoir un hommage particulier : Martin Scorsese. Ce grand cinéaste américain n’est pas inconnu des Marocains, le Maroc n’est pas inconnu de lui non plus. Ses films les plus saillants, il les a tournés à Ouarzazate. Il suffit là de citer son chef-d’œuvre «Kundun», tourné dans «Atlas Corporation studios».
Le monastère tibétain construit pour les besoins de ce tournage est toujours là, trace d’un passage qui, au-delà de son aspect professionnel, atteste de l’amitié que cette sommité du cinéma mondial a toujours éprouvée à l’endroit du Maroc. Nass El Ghiwan garde de lui également un souvenir affectueux, sachant que le réalisateur avait inséré, dans son film «La tentation du Christ», un morceau de leur chanson immortelle «Ya sah»… Autre figure à l’honneur, elle nous vient droit de la Perse : Abbas Kiarostami, prix Cannes pour son film «Le goût de la cerise».
Autre signe de reconnaissance, c’est cette fois à nos voisins espagnols qu’il sera manifesté. Après le Maroc, c’est au tour du cinéma espagnol d’être à l’honneur au 5ème Festival international du film de Marrakech. Ce geste se prête à une double lecture : artistique mais aussi politique.
Ce geste consacre d’abord un cinéma qui a le vent en poupe. Il s’agit là d’un bon modèle à citer, en retraçant le brillant parcours traversé par le cinéma espagnol, depuis les années cinquante jusqu’à aujourd’hui. Plusieurs films sont à l’affiche, entre autres «Bienvenue Mr. Marshall» de Lui Garcia Berlanga et «La Mère intérieure» d’Amenabar. D’un point de vue politique, ce geste vient appuyer l’embellie que connaissent les relations maroco-espagnoles après l’arrivée au pouvoir du socialiste Zapatero. Vecteur par excellence du rapprochement, le cinéma est mis au service de cette embellie.
Par la projection des films espagnols, il s’agit d’inviter le public marocain à mieux connaître la culture et la civilisation espagnoles. Autre indicateur à dégager, c’est que ce geste intervient alors que l’événement « Année de l’Espagne au Maroc » arrive à sa fin. Ce geste se présente comme un beau couronnement de cette manifestation. Il annonce également un autre événement en préparation, à savoir le lancement en 2006 de «l’Année du Maroc en Espagne».
En rendant ces hommages, le FIFM confirme l’image d’un Maroc de rencontre et de reconnaissance.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *