A la une : Joindre l’utile à l’agréable

Huit cinéastes marocains retenus pour bénéficier du master class qui sera encadré et animé, du 7 au 19 novembre 2005, par d’éminents professionnels du cinéma mondial. Les cinéastes sollicités pour cette tâche sont ceux-là mêmes que le 5ème FIFM a choisi cette année de mettre à l’honneur : Martin Scorsese et Abbas Kiarostami. Par cet acte édifiant, il s’agit comme on dit de « faire d’une pierre, deux coups ».
Inviter deux grands noms du cinéma mondial, les hisser sur le podium pour leur rendre hommage, et en même temps mettre leur expérience au profit de jeunes réalisateurs, cela montre qu’un festival peut être plus qu’une occasion de fête. Mais chez nous, on n’a toujours pas saisi les nombreux enjeux que peut avoir un festival. La règle, on la connaît : On invite des artistes de l’étranger, on les produit, le temps d’une soirée, et puis c’est tout.
On n’oublie qu’un festival peut être un marché où des projets de production sont discutés, des contrats de travail sont envisagés…  Rarement on aura imaginé qu’un festival peut également être un cadre de formation comme nous le montre cette intéressante expérience qu’inaugure la Fondation du FIFM, à travers l’organisation de workshops au profit de réalisateurs débutants de chez nous. Cet acte acquiert plus de sens que dans notre pays, à défaut d’école où l’on peut apprendre les métiers de cinéma, ceux qui veulent faire carrière restent pénalisés par le manque de formation. Le problème devient encore plus sérieux quand on sait que les réalisateurs, principalement les jeunes, n’ont pas toujours les moyens de se payer une formation à l’étranger.
Faute de bourses d’études, ces jeunes sont obligés de faire avec les moyens du bord. Ouarzazate reste l’un, sinon l’unique recours pour apprendre le métier sur le tas.
L’initiative du FIFM aura sans doute été le résultat de ce constat.  Si elle n’est pas suffisante, elle reste significative. D’autant plus que, d’après leurs âges et profils, celles et ceux qui vont en bénéficier sont des jeunes.
Nés entre 1972 et 1979, ils incarnent donc la relève et pour tout dire l’espoir du cinéma marocain. Avec un peu d’orientation et d’intérêt, ils ne fausseront pas promesse. Ils ont d’ailleurs tous montré qu’ils ont du talent, à travers leurs courts-métrages : Bouchra Ijork (Karawane , El Bahja), Layla Triki (Chapelet, Sang d’encre)… Salima Ben Moumen, qui a déjà fait ses preuves en tant que comédienne, cultive pour sa part une passion pour l’écriture de scénario.
Nour-Eddine Tilsaghani, lui, compte à son actif plusieurs prix en photographie et en art-vidéo.
En côtoyant dans quelques semaines Martin Scorsese et Abbas Kiarostami, ils s’en sortiront sans doute grandis. 

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