A la une : Le Ramadan sur le petit écran

A la une : Le Ramadan sur le petit écran

A moins de deux semaines du Ramadan, les deux chaînes de télévision nationales sonnent la mobilisation. Encouragées par l’appétit boulimique de télé pendant le mois du carême, les deux boîtes ne lésinent pas sur les moyens pour séduire les téléspectateurs.
Au fil des Ramadans, les deux chaînes ont compris que les Marocains étaient demandeurs de « produits maison ». Aussi rivalisent-elles de productions locales, variant entre téléfilms, télé-feuilletons, sit-coms, caméras cachées, sketches d’humour et autres émissions. Ramadan permet donc à nos deux chaînes de passer du stade de « boîtes à consommation » à celui, -très bénéfique-, de la production.
Cette aventure n’est pas sans poser d’énormes risques, étant donné qu’il s’agit ici de faire preuve d’imagination, c’est-à-dire de créativité. Or, voilà où trop souvent le bât blesse. Les téléspectateurs sont, à chaque fois, déçus par la qualité de « créations » qui, à quelques proportions gardées, restent au ras des pâquerettes.
On pense particulièrement à la très controversée rubrique « Humour ». On reproche à nos humoristes de manquer d’humour… intelligent. Et de nous servir des « inepties » en guise de gags, cultivant des stéréotypes qui ne font rire personne. Le syndrome « l’Khyari » est vivement épinglé. Au même titre que ce que l’on peut appeler la « sit-connerie » qui, paraît-il, fait les choux gras de nos deux télés.
Ce genre, né et resté très populaire dans le monde anglo-saxon (Etats-Unis, entre autres pays), reste un nouveau phénomène chez nous. D’où ses balbutiements. En fait d’humour, le seul comique qui sort du lot reste Hassan El Fad. Cette année, le « Docteur Escargot » nous propose, à travers « Chanilli TV », son diagnostic des télévisions satellitaires arabes. Du côté de 2M, Saïd Naciri, après sa précédente sit-com « R’bib », revient cette année avec une autre où il aurait fait appel à des stars de la chanson populaire arabe. Dans le registre des télé-feuilletons et téléfilms, la TVM, -à l’instar des Ramadans précédents-, promet de récidiver. « Amoud », « Khat Raja’e » (téléfilms), « Khait Rouh », « Al Moutarrada », « Kharif Alahlam », « S’bar Iddounite »  (téléfilm en amazigh)… Il y a de quoi tenir en haleine les téléspectateurs pendant tout le mois du Ramadan. La chaîne d’Aïn Sebaâ, elle, propose un téléfilm  réalisé par Daoud Aoulad Essayad sous forme de comédie intitulée « Al Makroum » et un téléfilm dramatique « Maria Nessar » portant la signature de la jeune réalisatrice Leïla Triki.
La caméra cachée, cheval de bataille de la 2ème chaîne, ne sera pas en reste. Une dizaine d’épisodes auront été réalisés dans différents lieux publics de Casablanca : Macdonald, Corniche d’Aïn Diab, souks, labo-photos… Les « héros » des gags de cette année sont des marchands de fortune, des cireurs, des gardiens de voitures…
La 4ème chaîne de télévision, « Arrabia » de son nom, met sa petite cerise sur le gâteau ramadanesque. S’agissant de musique, la chaîne donne rendez-vous aux mélomanes avec l’émission « Chez Taroub », du nom de Taroub Al Bayati, professeur de musique. Les amateurs de théâtre, eux, auront droit à une émission drama intitulée « Masrah Arrabiaâ », sans oublier les représentations de plusieurs spectacles signées, entre autres, par Taïeb Saddiki et Abdelwahed Ouzri. La chaîne programme également plusieurs magazines variant entre santé « Siha wa wiqaya », livres « « Safahat » et autres documentaires.
Le bouquet du Ramadan 2005 s’annonce ainsi bien étoffé. Pour la qualité, attendons pour voir…

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *