A la une : Politique

L’homme de culture ne jouit certes pas des mêmes prérogatives que possède le politicien, notamment ce pouvoir de décision. Mais l’influence que cet homme de culture peut avoir sur le cours des choses n’est pas négligeable. La culture agit sur les esprits, beaucoup plus que ne peut le faire la politique, «art de tromper les gens », comme l’avait dit d’Alemb. Une chanson, un film, un poème, ou un roman, entre autres expressions artistiques et culturelles, peuvent, faut-il en douter, avoir une prise  sur la réalité. Maintenant, pourquoi fait-on cette précision ?
Eh bien parce que, dans les pays du Maghreb, la culture n’a jamais été prise au sérieux. Pas plus que le rôle qui lui échoit dans l’édification de la société maghrébine. Les politiques, de quelque côté de la sphère maghrébine qu’ils soient, doivent reconnaître leur tort d’avoir sous-estimé ce rôle. Un rôle qu’ils sont appelés à favoriser aujourd’hui, après leur échec flagrant à activer cette unité maghrébine qui tarde à voir le jour.
L’art et la culture en général, ciment pour rassembler les peuples, doivent être mis au service de cet idéal. Dans cet esprit, la création, à Oujda, du Festival du Film maghrébin, revêt une importance capitale. Sur le plan artistique, elle promet de briser l’isolement dont a jusqu’ici souffert le cinéma maghrébin, sachant que les cinéastes maghrébins, pourtant unis par la langue, l’histoire et la culture, avaient été pendant longtemps pénalisés par l’absence de vases communicants, ce qui leur valu de rester les bâtards de la dynamique certaine que le secteur connaît autour d’eux, en Afrique subsaharienne où des festivals, comme le Fespaco (Ouagadougou, Burkina Faso), ont réussi à s’inscrire dans le circuit des grands festivals internationaux.
Sur le plan politique, la création du Festival du film maghrébin porte un symbole qui, espérons-le, ne manquera pas d’inspirer aux décideurs quelques bonnes idées pour mettre en marche le train de l’Union du Maghreb arabe. Que ce festival, que le Souverain a placé sous son Haut patronage, voit le jour dans une ville marocaine, en l’occurrence Oujda, cela n’est pas le fruit du hasard. Derrière cet acte fondateur, il y a bel et bien une volonté politique. Par cet acte, il s’agit pour le Royaume du Maroc, de réitérer son vœu de voir se réaliser l’unité maghrébine.
Que la culture, à travers le cinéma, soit mise à la contribution de cet objectif, n’est pas fortuit.
C’est un feu vert qui vient d’être, officiellement, donné aux hommes de culture, du Maroc et d’autres pays du Maghreb, de multiplier les initiatives visant à rapprocher davantage les pays du Maghreb.       

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