A la une : Pour un Ballet national

La parole divise, la danse unit. Laissons de côté la parole, elle est, d’ailleurs, éternellement à l’origine des malentendus. Prenons la danse, puisqu’elle est le lieu absolu de l’harmonie et de l’union.
Pourquoi notre pays n’a pas encore pensé à créer son Ballet national ? Comme l’Espagne, qui se trouve à quelques encablures du Royaume, ou, à moindre échelle, la Tunisie, l’Egypte et d’autres pays appartenant au Tiers, que sais-je, au quart-monde ! Ne sommes-nous pas en mesure de nous doter d’un Ballet capable de porter les couleurs nationales, au même titre qu’une équipe de football ou de rugby ? Ce n’est pas trop demander à un pays qui a démontré que « Quand il veut, il peut ». Or, tant qu’à parler de volonté, existe-t-il une volonté réelle de servir des chorégraphes qui, à défaut d’intérêt, se voient obligés, comme le fut le personnage de Cervantes « Don Quichotte », de se battre contre des moulins à vents ?! Parlons vrai, l’attitude qu’a jusqu’ici adoptée l’Etat vis-à-vis de l’art de la danse nous porte à en douter sérieusement.
Cette attitude paraît, aujourd’hui plus que tout autre temps, des plus anachroniques. Maintenant que les langues se sont déliées, que la page sombre du Maroc d’hier vient d’être tournée, que les hommes de plume s’expriment librement, autant que les cinéastes, les plasticiens et autres artistes, il faut avouer qu’on n’a pas encore réussi à détabouiser le langage du corps.
La danse, faut-il en douter, est restée l’orphelin de l’embellie que connaît le Maroc d’aujourd’hui. La création d’un Ballet national, plus qu’une nécessité, est une urgence. Par la mise sur pied de ce Ballet, il s’agit de remettre en selle un patrimoine chorégraphique national digne des grandes civilisations comme la nôtre. Il ne s’agit donc pas de créer une simple entité, et puis c’est tout.
Nous avons besoin d’un Ballet qui puisse redonner âme à un héritage dont les racines trempent profondément dans l’histoire de ce beau pays. Car, si nous n’avons toujours pas perdu cet héritage, cela ne tient qu’à l’effort éminemment citoyen de quelques groupes souvent mal ou sous-payés.
Pour s’en rendre compte, il suffit de penser à l’état alarmant où vit le maestro Moha Oulhoucin Achiban. Comme lui, plusieurs symboles vivants résidant dans des régions éloignées du centre ont été plus qu’exploités. La musique, on la connaît : On les invite en l’espace d’un festival, on les produit comme étant des créatures étranges, sous le regard complaisant de la télévision, et puis on passe à la vaisselle !
A la prochaine édition…

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