A la une : Publicité : le pour et le contre


 Amal Ayouch (actrice) :

On est dans un pays où les artistes sont mal payés. Certains ont besoin de compléter leurs fins de mois, alors ils ont recours à la pub. Mais si l’artiste accepte parce qu’il a souvent besoin d’argent, il serait bien que les entreprises de pub veillent à ce que l’image de l’artiste ne soit pas trop vulgarisée. Il faut quand même veiller à l’éthique et à l’image de l’artiste. 

Abderrahmane Tazi (réalisateur) :
La publicité est une expression qui peut être de la recherche artistique et technique. En un laps de temps, on doit exprimer une idée pour promouvoir un produit. Dans ce sens, je ne rejette pas l’idée que l’artiste collabore, participe ou crée de la pub. Ce n’est pas un sous-produit, sauf quand cela devient de la réclame.  

 Latéfa Ahrrare (actrice) :
Cela dépend de quel genre de pub. Il y a des pubs dévalorisantes pour l’image de l’artiste, pour les valeurs qu’il est censé défendre aussi. Cela dit, tout le monde sait que si on fait de la pub, c’est primordialement pour l’argent.

Omar Chraïbi (réalisateur-producteur) :
Il ne faut pas faire de la publicité parce que ce n’est pas de l’art. Même si les gens de la pub veulent absolument nous laisser croire que c’est de l’art, eh bien ce n’est pas de l’art.

 Abdelhay Mellakh (artiste –plasticien) :
Je suis contre le phénomène d’exploiter l’énergie créative d’un artiste dans le commercial. Un artiste doit vivre avec son œuvre, mais pas avec le créneau de la publicité qui porte atteinte à sa réputation d’artiste.
L’artiste ne doit pas se transformer en objet de consommation, autant que la lessive ou n’importe quel autre objet auquel il associe son image. Malheureusement au Maroc, l’artiste est obligé de travailler dans la pub pour survivre. On le remarque chez les comédiens, les musiciens…


Nora Skalli (comédienne) :
J’ai fait quelques spots de publicité à un moment où j’avais des problèmes financiers, ce qui veut dire que j’ai fait de la pub pour gagner de l’argent. En règle générale, dans le domaine artistique et celui de la fiction en particulier, on a rarement l’occasion de décrocher un rôle, ce qui pousse trop souvent les artistes à faire de la promotion. Je trouve que c’est légitime comme choix.

 Mohamed Derham (chanteur) :
Du moment que la pub est un domaine de création, c’est un plus pour l’artiste. Et puis, la pub demande un savoir-faire, une connaissance technique… Tout compte fait, la pub reste un recours pour l’artiste, sachant bien que cet artiste doit travailler pour subvenir à ses besoins. Quand on sait également que les opportunités de travail se font rares, faire de la pub s’avère être une nécessité.

Bouchra Ijourk (Comédienne) :
Un artiste peut faire de la pubilicité, mais pas souvent et encore moins pour des produits de consommation bas de gamme. C’est très choquant de voir un artiste, supposé être un modèle aux yeux des gens, en train de présenter un produit genre savon, huile, détergent… C’est humiliant.

Karima Skalli (chanteuse) :
La publicité est un art, il faut plusieurs études là-dessus pour pouvoir vendre un produit. Si le produit à promouvoir est bon, rien ne doit empêcher un artiste de participer à un spot. Ceci dit, la collaboration d’un artiste à la pub ne doit pas dépasser sa spécialité.

 Kholoud (actrice) :
Cela dépend du cadre dans lequel il va jouer et du produit qu’il va présenter. L’artiste doit faire attention à ce que la pub ne nuise pas à son image de marque, en évitant d’associer cette image de marque, son seul capital, à des produits dépréciatifs. Avoir recours à la pub peut se comprendre dans un domaine artistique où les offres sont rares, il ne faut quand même pas oublier qu’un mauvais choix peut être fatal à toute une carrière.

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