A la une : Sachons raison garder

Entre syndicats d’art, le courant ne passe pas. Excusez  ce doux euphémisme, car il y a bien pire que « ça ». N’ayons pas peur des mots, des maux, c’est bel et bien la guerre. Une guerre à l’usure. Car voilà bien longtemps que certains « leaders » auto-proclamés se livrent une bataille rangée. Ces « leaders » ne font pas mystère de leur entre-déchirement ! Ils mettent un point d’honneur à laver le linge sale en public. Ils s’étripent par médias interposés : guerre des communiqués, entretiens suintant de malveillance, délation, discrédit… Lors des « colloquims », « séminariums» et autres foires aux mots, les petites querelles de chapelle font rage.
L’action syndicale, dans le cas qui nous intéresse, reste un « phénomène sonore». Pour le bilan, repassez pour le prochain congrès. Faites attention, les « laïus » du vieux-nouveau « zaïm » n’engagent que celles ou ceux qui veulent bien y croire. Toujours est-il que les discours cachent des pratiques douteuses.
Bien sûr, le grand perdant dans cette histoire est ce pour quoi ces syndicats ont été créés : l’art. Faut-il rappeler les syndicats à leur engagement ? Qu’a-t-on alors fait pour l’encadrement, la formation et la défense des artistes ? Qu’a-t-on fait pour arracher leur droit à vivre dignement de leur métier, à avoir un habitat décent, à cotiser, à l’instar des autres citoyens, pour leur couverture sociale, et tout ?
L’ « Etat » ne peut être le seul comptable des malheurs de nos artistes. Au contraire, cet « Etat » qui est à chaque fois montré du doigt, s’est acquitté d’une bonne partie de ses responsabilités. En signe de bonne volonté, le gouvernement a adopté il y a deux ans le « statut d’artiste ». Une décision historique, d’autant plus que l’artiste marocain est resté pendant 40 ans non officiellement reconnu ! Au-delà de la reconnaissance morale, il y a une contrepartie matérielle. Car ce « statut », inspiré du Code du travail, réhabilite l’art en tant que métier à part entière. Avec ce que cela implique en termes de protection sociale, et autres droits.
Mais voilà, au moment où l’Etat  avait appelé les syndicats à s’organiser en un seul groupement et donc se constituer en interlocuteur auprès du ministère de tutelle et autres organismes publics (CNSS, par exemple), les syndicats ont réagi négativement. Au lieu de se serrer les coudes pour faire valoir leurs droits, de s’unir pour parler de la même voix, ils ont « choisi » de partir en débandade. Le problème est d’ordre strictement personnel : Qui va « présider » le groupement ? Le leadership a hélas prévalu sur l’intérêt collectif. Le résultat ? Au lieu d’avoir un seul groupement, on a maintenant deux ( !) : Coalition marocaine pour les arts et la Culture et Union des Syndicats artistiques marocains.Il y en a un de trop.
On vous fait « cadeau » du reste. Car depuis Ramadan dernier, plusieurs nouveaux syndicats ont vu le jour. Une façon de disperser les efforts…
Sachons alors raison garder.

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