A la une : Tanger : le FNF a tenu ses promesses

A la une : Tanger : le FNF a tenu ses promesses

Alors que le huitieme FNF tire à sa fin, surgit la question du bilan. L’étape de Tanger a-t-elle tenu ses promesses! «cela ne fait pas l’ombre d’un doute», répond Mohamed Nabili. «Six jours se sont écoulés depuis mon arrivée à Tanger, j’ai vu environ neuf films par jour. Un régal», se félicite le plasticien.
Une boulimie que plusieurs autres festivaliers, ou de simples habitants de Tanger, partagent avec M. Nabili. «J’ai constaté avec enthousiasme que le public fréquentait aussi bien régulièrement que massivement la salle Roxy», se réjouit Malek Akhmiss, un acteur marocain installé en France. Plus enthousiasmant encore, est le fait de remarquer que ce public était varié. «L’image de ces nombreux enfants pointés à la porte du Roxy, en quête d’un autographe, d’une poignée de main ou d’une photo avec une vedette m’a beaucoup frappé», nous dit l’acteur Abdekbir Rgagna. «Ce sont ces enfants qui vont venir demain remplir les salles», renchérit Rachid Jondol (metteur en scene.
Au-delà des enfants, c’est toute une population tangéroise qui a repris goût pour le cinéma. Qu’est-ce qui aurait donc été à l’origine de cette formidable ruée vers la salle Roxy ! «La qualité indéniable des films en compétition, courts et longs-métrages confondus», nous répond un cinéphile tangérois. En effet, les 21 et 40 films présentés représentant la cuvée des deux dernières années sont généralement d’une bonne facture. Si l’on peut trouver à redire sur les tentatives balbutiantes de quelques réalisateurs novices, ce qui est tout à fait naturel, sachant bien que ces réalisateurs en sont encore à leurs débuts, il faut souligner que la tendance actuelle confirme l’évolution du cinéma marocain.
Cette évolution, remarquée et remarquable, se traduit au plan technique autant que thématique. Nos réalisateurs ont compris qu’il fallait inventer un langage cinématographique en prise sur la réalité de leur société, ce qui se manifeste par la récurrence de plusieurs sujets inspirés par notre vécu: enfants de la rue, condition féminine, immigration, sexualité, intolérance religieuse, éducation… Constat : le thème de l’immigration est prédominant dans les films en lice : «Ici et là» de Mohamed Ismaïl, «Tenja» de Hassan Legzouli, «Le Grand voyage» d’Ismael Ferroukhi, «L’Enfant endormi» de Yasmine Kassare…
S’agissant d’organisation, elle a été, faut-il l’occulter, impeccable. Une preuve, et pas des moindres : pendant tout le festival, il n’y a pas eu une seule modification au niveau de la programmation. Les horaires étaient respectés, l’ordre parfaitement maîtrisé par une agence de sécurité nationale professionnelle… Quand à cela, il faut ajouter que le Centre cinématographique marocain a mis à la disposition des festivaliers la documentation nécessaire à leur briefing, on imagine facilement pourquoi la satisfaction était de mise.
Reste maintenant un autre atout majeur : l’attrait irrésistible de la ville de Tanger. A l’attachement légendaire d’une population acquise aux valeurs de la convivialité et de l’hospitalité, vient s’ajouter le mythe d’une ville qui a représenté, de par son histoire, une destination privilégiée des grandes personnalités du monde des arts et de la culture. Plusieurs festivaliers ont d’ailleurs pris un grand plaisir à visiter les lieux fréquentés jadis par Paul Bowles (Café de la Porte, le restaurant Eldorado où le regretté Mohamed Choukri venait prendre ses repas…
Tanger y est aussi pour quelque chose dans le succès incontesté de cette huitieme édition du Festival national du film.

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