À Londres, le marché de l’art rattrapé par la crise

À Londres, le marché de l’art rattrapé par la crise

Des lots invendus, des adjudications inférieures aux estimations: les grandes maisons d’enchères londoniennes, qui se croyaient jusqu’à présent immunisées contre la tourmente financière, sont à leur tour rattrapées par la crise. Évènement Lundi 20 octobre, la maison Sotheby’s, qui avait récemment fait sensation avec une vente mémorable d’œuvres du Britannique Damien Hirst, a annoncé que les enchères d’automne qui se sont tenues de vendredi à lundi à Londres, avaient réalisé moins de 44 millions de livres (57 millions d’euros). Les estimations les plus basses prévoyaient 55 millions de livres. L’autre grande enchère de la saison d’automne, celle de la maison Christie’s dimanche, n’a pas connu un meilleur sort, avec seulement 26 des 47 œuvres qui ont trouvé preneur.
L’un des clous de la vente, un rare portrait de Lucian Freud peint par Francis Bacon, a été adjugé 5,4 millions de livres (6,9 millions d’euros), soit dans le bas de la fourchette d’estimations (5 à 7 millions de livres). Lors de sa première soirée d’enchères vendredi, Sotheby’s n’avait réuni qu’environ la moitié des revenus estimés, soit 22 millions de livres. Une série des fameux «Skulls» d’Andy Warhol ne s’est vendue que 4,3 millions de livres, contre une estimation à plus de 12. Les maisons se refusent cependant à y voir un retournement du marché. Cheyenne Westphal, présidente de l’art contemporain chez Sotheby’s Europe, a expliqué les chiffres de la vente de lundi soir par un décalage entre la situation actuelle et des estimations faites avant que la crise financière se fasse sentir. La vente a été «rassemblée dans un environnement très différent de celui qui prévaut aujourd’hui», a-t-elle indiqué, se disant «satisfaite» des résultats de lundi soir. Le directeur général de Christie’s, Ed Dolman, reconnaît que la vente de dimanche n’a pas été «aussi réussie que celle de l’an dernier». «Nous voyons peut-être les effets d’une correction par rapport aux dernières saisons», admet-il dans le Guardian de mardi. «Mais il y a suffisamment de liquidités», assure-t-il, appelant à un «optimisme prudent». «Les turbulences n’ont pas touché notre marché autant que dans d’autres secteurs», ajoute-t-il. Soulignant «le montant surprenant d’argent (qui a circulé sur le marché) ces derniers jours», le responsable se réjouit de l’arrivée de «nouveaux acheteurs», comme les «super riches collectionneurs russes et qataris, relativement épargnés par la crise bancaire». La presse de mardi 21 octobre prenait moins http://www.adgoog.com/blog/photo/16318a-alerte_rouge_sur_les_encheres_a_manhattan.jpg de gants. «Sotheby’s dernière victime de la crise financière», titre le Daily Telegraph. Le Guardian juge que «le boom du marché de l’art contemporain arrive lentement à sa fin». Le quotidien souligne en particulier que, lors de la vente de lundi de Sotheby’s, quinze des 62 lots n’ont pas trouvé preneur et que deux ont été retirés avant même le lancement des enchères.

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