A minuit, Harry Potter se transforme en « événement éditorial du siècle »

Des dizaines de librairies, grandes et petites, ont organisé dans la nuit des « nocturnes » dans des décors spéciaux et en présence de magiciens, pour vendre au plus vite le pavé de près de 1.000 pages, moyennant 28 euros environ. « Ca va être une très bonne soirée », se réjouit d’avance Sarah Thomas, de la librairie anglophone de Paris, Brentano’s. Le directeur de la librairie du Virgin Megastore des Champs-Elysées, Laurent Bonelli, « aussi excité que les lecteurs », se fait lyrique: « C’est la sortie du siècle. On n’a jamais eu une attente comme ça », dit le responsable qui a mis en vente 4.000 livres dès le premier soir. A la Fnac, le nombre d' »Harry Potter et l’Ordre du Phénix » commandé est « confidentiel ». Mais selon un responsable du libraire, son immense entrepôt de Massy-Palaiseau est « rempli d’Harry Potter » depuis la semaine dernière. « J’espère en vendre beaucoup », reconnaît le directeur du département livres, Bertrand Picard, qui n’a « jamais eu » autant de commandes anticipées sur le site internet de la Fnac. 250 millions d’exemplaires des quatre premiers tomes ont été vendus dans le monde; aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne, le succès du cinquième épisode a été foudroyant; en France, la version anglaise sortie en juin avait trouvé 100.000 acquéreurs, un record. Face au raz-de-marée annoncé, Gallimard a distribué d’emblée plus d’un million d’exemplaires du dernier ouvrage de J. K. Rowling. Bon magicien, Harry Potter est surtout excellent vendeur. « Le livre c’est une affaire de commerce », dit Laurent Bonelli. Aussitôt la vente lancée, les produits dérivés, lunettes et chapeaux pointus, vont fleurir. L’éditeur Gallimard a imposé des règles strictes et prévenu que tout libraire qui vendrait l’ouvrage avant l’heure, s’exposerait à des poursuites. De fait les violations constatées sont restées « marginales », selon Gallimard. Les libraires ne trouvent rien à redire: « Faire du marketing sur un mauvais produit, on pourrait s’en plaindre. Mais ce n’est pas le cas », selon Bertrand Picard. « Harry Potter a ouvert des millions d’enfants à la lecture », renchérit Sarah Thomas.

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