Abadi : «Organiser la couture marocaine»

Abadi : «Organiser la couture marocaine»

ALM : Quels seront les objectifs majeurs de la Fédération de la couture traditionnelle marocaine (FCTM) ?
Najia Abadi : Cette fédération a été créée, dans le but d’organiser le secteur de la couture au Maroc. Nous voulons entre autres veiller sur la préservation du patrimoine culturel marocain. Cette institution a également pour mission de créer des partenariats avec des maisons étrangères.  Les membres de la fédération souhaitent créer des ateliers d’apprentissage dans les zones rurales pour dynamiser le patrimoine artisanal. Nous allons également organiser des salons à l’étranger pour internationaliser le caftan marocain.

Comment la fédération compte-t-elle justement promouvoir le caftan marocain à l’étranger sans tomber dans la «folklorisation» ?
Nous sommes entrés en contact avec le président de la fédération française de la couture Didier Grumbach. Ce dernier nous a assuré de son soutien. Un partenariat sera bientôt établi avec cette fédération qui nous permettra de tisser des liens solides et de réfléchir à des idées créatives en commun. En outre, pour ne pas tomber dans le travers de la «folklorisation» du caftan, la fédération compte établir une charte de la haute couture traditionnelle marocaine. C’est une façon de structurer le métier, pour déterminer réellement les critères de la haute couture.

Avec cette charte, n’avez-vous pas peur de susciter des réticences de la part de certains stylistes ?
Non au contraire. Je pense que les stylistes sont actuellement conscients du rôle de la fédération. Après plusieurs années de réflexion et malgré les difficultés que nous avions eues pour la créer, les stylistes sont satisfaits aujourd’hui du résultat. Preuve en est, lors de l’annonce officielle lundi à Casablanca, plusieurs stylistes sont venus s’inscrire. Nous comptons aujourd’hui l’adhésion de près de cinquante stylistes. Ce qui est encourageant pour un début.

Les membres de la fédération doivent-ils payer des cotisations ?
Les stylistes adhérents doivent en effet payer une cotisation. Mais la somme n’est pas très élevée. Il s’agit de 1500 DH annuellement. Ces cotisations vont nous permettre d’organiser des évènements sur la couture traditionnelle, des colloques et des salons aussi bien au Maroc qu’à l’étranger.

Vous avez rencontré le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Adil Douiri, le 13 juin dernier. A quoi ces négociations ont-elles abouti ?
Le ministre de tutelle a affirmé son soutien total à cette initiative. Il a déclaré que c’est enfin l’occasion d’avoir un interlocuteur direct pour promouvoir l’image du styliste marocain et de ses créations. Il y a quelques années, la tâche était ardue étant donné que l’organisation des défilés était souvent perçue comme un moyen d’octroyer de privilèges à certains stylistes au détriment d’autres.

De quelle manière le ministère du Tourisme compte- t-il vous aider ?
Le ministère apportera une aide financière. Le budget alloué par cette institution n’a pas encore été déterminé.  Le ministère dit assurer également l’organisation de salons et de défilés à l’étranger.

La Fédération a nommé  Mélita Toscan du Plantier membre d’honneur. Pourquoi ce choix ?
Mélita Toscan du Plantier, la directrice du Festival international du film de Marrakech, est une dame qui aime sincèrement le Maroc. C’est pour cette raison que nous lui avons demandé d’être l’ambassadrice du Caftan à l’étranger.


 Les membres du
bureau de la fédération


Présidente fondatrice : Najia Abadi
Vice-président : Samir Bensouda
Secrétaire générale : Samia Berrada
Trésorier général : Saadia Abbadi
Trésorier adjoint : Khadija Essadki
Doyenne de la fédération : Fadila Berrada
Responsables relations publiques : Zahra Yaagoubi et Lahoucine Ait El Mehdi

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