Abdelhadi Belkhayat ne savoure pas le thé

Abdelhadi Belkhayat ne savoure pas le thé

Le torchon qui brûle entre le chanteur Abdelhadi Belkhayat et une société de production sent le thé. Ce parfum n’est guère apprécié par le grand interprète marocain. Il a commencé par envoyer à la presse un communiqué où il condamne en des termes vigoureux “Sama master production“ qui a collé une étiquette louant les vertus du thé “Soltane“ à côté du digne visage de l’artiste. La maison de production a associé le nom et le visage de l’artiste à cette marque de thé dans les cassettes, les CD et les affiches du dernier album intitulé “Al Mounfarija“. Abdelhadi Belkhayat se décrit dans ce communiqué comme “victime d’une escroquerie“, dans la mesure où il n’a jamais conclu d’accord avec “Sama master production“ pour qu’elle associe son nom à des grains de thé. Même les inconditionnels du thé ont compati à son sort : on ne peut ingurgiter cette boisson à une personne, à son insu. “Sama master production“ a mis un bémol à ce concert d’indignations en rédigeant un communiqué, détaillé en huit articles. Dans le dernier article, il est écrit : “l’autocollant à l’origine de la tempête d’Abdelhadi Belkhayat porte l’effigie de la marque de thé “Soltane“. Je pense que nous, Marocains, considérons le thé comme une marque de notre hospitalité s’inscrivant dans les traditions authentiques du Maroc et son passé glorieux“. Signé le représentant de la société, Rachid Hayak. Le chanteur admet tous les discours élogieux sur le thé, mais il veut qu’on les tienne loin de son visage. Il est au reste très sérieux sur le sujet. Il précise à ALM : “j’ai confié le produit à l’entreprise, mais non pas mon visage“. Il ajoute que la proximité avec une marque de thé le “défigure“. “Cela fait 43 ans que je chante, et je n’ai jamais accepté de prêter mon nom ou mon art à de la réclame. Je ne vais pas commencer aujourd’hui“. L’auteur du communiqué de “Sama master production“ en appelle pour sa part aux termes du contrat. Il lui permet d’en faire ce qu’il veut, puisque l’interprète y aurait cédé tous les droits de distribution et d’exploitation. “Jamais de la vie!“, s’exclame l’intéressé. “Je défie cette société de rendre public ce contrat et de montrer les passages où je l’autorise à faire de mes chansons une exploitation autre qu’artistique“. Abdelhadi Belkhayat explique que la maison de production lui a acheté les droits d’exploiter un premier album pour la somme de 200 000 DH. Et un deuxième, objet du litige, pour 400 000 DH, mais que ses représentants veulent immédiatement rentrer dans leurs frais par le biais de la réclame, et non pas de la vente des albums en question. Le chanteur se dit très affecté. Il explique que son art est digne et ne peut être rabaissé par des produits de consommation. Il est à cet égard décidé à tout mettre en oeuvre pour qu’on efface soit le thé, soit son visage de l’album. “La justice tranchera“, dit-il. Quelle que soit la teneur du contrat, la moindre des courtoisies consiste à prévenir un artiste, du renom et de la classe d’Abdelhadi Belkhayat, du sort publicitaire qu’on réserve à son art. On ne peut pas lui faire avaler du thé contre son gré. Ça ne cadre pas avec nos traditions marocaines.

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