Abdellah El Gourd, une des figures emblématiques de la musique gnaouie

Abdellah El Gourd, une des figures emblématiques de la musique gnaouie

Le Maâlem Abdellah El Gourd est l’une des grandes icônes de la musique gnaouie au Maroc. Ayant acquis une renommée internationale grâce à ses prestations aux côtés de célèbres jazzmen dont le grand pianiste et compositeur afro-américain, Randy Weston, ce musicien tangérois vient d’être décoré par le consul du Maroc à New York, Mohamed Karmoune, du Wissam alaouite lors des travaux de la quatrième édition du World Nomads Morocco, qui a pris fin le 31 mai dernier. «J’ai reçu le Wissam royal de mérite de l’ordre d’officier au même moment où Randy Weston a été décoré du Wissam de mérite intellectuel», confie-t-il, avec sa modestie habituelle. Le Tangérois, Abdellah El Gourd, sera aussi distingué lors de la troisième édition du Festival Tarab Tanger, qui se poursuit jusqu’au 26 juin. Mais toutes les distinctions qu’il a obtenues pendant sa carrière artistique aux niveaux national et international n’ont rien changé en lui. Cet amoureux de la médina de Tanger habite toujours son ancienne maison située au petit Socco, et où se réunissent d’habitude les membres de son association, Dar Gnaoua. Connu pour sa modestie et simplicité, ce sexagénaire n’a rien perdu de son sens de l’humour, de son dynamisme et de son grand amour de la vie. En plus de son talent de musicien, Abdellah El Gourd a vu se développer en lui son don pour la création de costumes traditionnels de Gnaoua. Son amour pour ce patrimoine musical lui a inspiré de belles tenues qu’il aime garder avec ses anciens instruments de musique, ses distinctions et photos de souvenirs avec de grands musiciens européens et américains.
Ayant hérité sa passion pour la musique gnaouie de sa mère, Abdellah El Gourd n’a jamais été prédestiné à en faire son métier. Il se souvient avoir été toujours un élève moyen, et ses mauvaises notes en matières scientifiques l’ont poussé à opter pour la formation professionnelle. Une fois son diplôme obtenu, il intègre vite le domaine du travail comme employé dans une usine à Tanger, puis opérateur à la station de radio «Voix de l’Amérique», où il a évolué pour devenir chef de son service. Mais son métier ne l’a pas empêché de pratiquer sa passion, et de devenir même membre d’un groupe local de musique gnaouie. Il a vu sa vie basculer grâce à sa rencontre en 1967 avec le célèbre jazzman Randy Weston, qui a choisi à l’époque de s’établir quelques temps dans la ville du détroit. Tous les deux réussissent en 1972, au cours du premier festival de jazz de Tanger, à se produire en duo et à séduire le public. Ils parviennent ensemble à réunir en 1992 un grand nombre d’anciens maâlems marocains sur un même album intitulé «The Splendid Master Gnawa Musicians of Morocco». Lequel a remporté en 1996 le prix du meilleur album de «World music». Ce qui a encouragé Abdellah El Gourd à travailler avec d’autres jazzmen européens tels que Archie Shepp ou Akosh Szelevenyi dit Akosh S. Le grand artiste tangérois a réussi entre-temps à réaliser son grand rêve par la création en 1980 de l’Association Dar Gnawa pour la promotion et l’apprentissage de l’art musical de Gnaoua. L’artiste tangérois trouve toujours le même grand plaisir de se produire devant son public. Il ne cache pas sa fierté d’avoir pu développer la passion de cette musique folklorique en sa fille Halima, lycéenne de 17 ans et son fils Abdeljebar, jeune membre du Groupe Dar Gnawa ou en d’autres jeunes tangérois. Son autre rêve est de se réunir encore une fois avec les autres maâlems marocains dans un grand spectacle.

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