Abdellatif Laâbi révèle ses œuvres d’art pour la première fois à Marrakech : Quand l’alchimie des couleurs remplace celle de la langue

Abdellatif Laâbi révèle ses œuvres d’art pour la première fois à Marrakech : Quand l’alchimie des couleurs remplace celle de la langue

Après avoir publié l’intégralité de ses œuvres poétiques, le grand Abdellatif Laâbi s’apprête à dévoiler pour la première fois ses œuvres d’art au Matisse Art Gallery de Marrakech.

On le connaît en tant que romancier, essayiste, poète mais moins en tant qu’artiste-peintre. Dans son texte «Mon histoire avec la peinture», qui figurera dans le catalogue, A. Laâbi conclut en ces termes : «J’ai écrit quelque part que l’homme (l’être humain) n’arrête pas de naître à lui-même. Ce n’est que peu à peu que se révèlent à lui ses différents moi, les multiples facettes de sa propre énigme. Ce sont les coups du sort, les rencontres, les passions vécues, les périls affrontés, les combats menés (j’ajouterais, me concernant, le rôle des livres et des œuvres d’art) qui nous permettent de découvrir à un moment donné de notre parcours l’une ou l’autre de ces facettes jusqu’alors insoupçonnées. C’est ce qui s’est passé pour moi avec la peinture», peut -on lire.

Il faut dire que Laâbi a fréquenté les artistes-peintres. Il les a observés en train de travailler. Il a même commenté certains textes sur les œuvres de l’un ou de l’autre. L’art de peindre est devenu pour lui aussi familier, aussi intime que celui de la poésie. «Puis un jour (il y a une dizaine d’années de cela), sans savoir pourquoi, j’ai gribouillé sur une feuille de papier ordinaire un premier dessin. Bien vite, je passais au papier à dessin, puis à la toile. En un laps de temps très court, je me suis retrouvé en train de peindre, quand je le pouvais, chaque jour pendant plusieurs heures. Dans cette dépense physique et mentale sans précédent, le plaisir était toujours au rendez-vous ainsi que le ravissement de la découverte. C’était comme une faculté inconnue qui s’insinuait et surgissait en moi, régissant à mon insu un mode d’expression où je n’avais plus besoin de mes vieux compagnons, les mots. Ma main prenait la relève, mue par le corps tendu tel un arc. L’alchimie des couleurs remplaçait celle de la langue… 

Je ne fais donc pas d’infidélité à la poésie quand je peins. Je la célèbre par un autre moyen qui invite les mots à prendre un repos mérité, à se plonger, ne serait-ce qu’un temps, dans la beauté du silence», écrit-il. Une fois de plus, le public et les amateurs de l’art découvrent pour la première fois la nouvelle exposition de Abdellatif Laâbi, prévue du 23 novembre au 21 décembre 2018. Une invitation à entrer dans son univers gouverné par la poésie et la peinture, son monde à lui, tendre, généreux et humain.

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