Abdenasser Assouane entre les couleurs et les paillettes

Abdenasser Assouane entre les couleurs et les paillettes

Au sein du décor fade du grand Sud marocain, Abdenasser Assouane a appris à manier l’art des couleurs. Palettes, pinceaux et aquarelles ont initié ce jeune au métier de ses rêves. Au fait, Abdenasser Assouane n’est pas plasticien, mais plutôt maquilleur plus précisément dans le domaine cinématographique. Il a choisi d’agir en ombre afin d’offrir aux téléspectateurs un travail des plus accomplis. Marier l’ombre à la lumière est devenu chose courante pour ce technicien du cinéma. Il a tendance à enlaidir, caricaturer ou tout simplement à sublimer la réalité. Il a accédé à ce domaine depuis presque sept ans. Un métier peu ordinaire qui n’était pas au départ sa vocation. «Après avoir décroché un baccalauréat en lettres modernes, j’ai entamé un parcours universitaire ordinaire. Le passage au cinéma est un véritable coup de chance», déclare Abdenasser Assouane. En effet, il a établi le contact avec le septième art à travers quelques figurations dans des productions tournées à Ouarzazate, sa ville natale. Quelques années plus tard, et par pur hasard, il postule pour le centre euro-méditerranéen du cinéma où il passera une formation en maquillages et effets spéciaux. «Je disposais au préalable d’un diplôme de coiffure masculine, chose qui m’a permis d’accéder aisément au département de maquillage. Ces deux volets sont complémentaires au point de me fournir une certaine flexibilité dans l’exercice de ma fonction», indique M. Assouane. Durant cette année de formation intense, le destin de Abdenasser Assouane s’est joué. De nombreuses heures se sont succédé à habiller les visages ainsi que des milliers de coups de pinceaux ont estompé les interminables durées des tournages. Abdenasser Assouane est enchanté par cette ambiance. Créatif, il est épris par le changement que son métier lui procure. Sa fonction exige à la fois précision et perfection. D’un regard pointu, il est à l’affût du moindre détail. Le défi étant de réussir un maquillage identique à la prise précédente en toute conformité aux exigences et à la nature du rôle. «Le but du jeu est de réussir un maquillage uniforme sans émettre de faux accords. Les spectateurs ne doivent s’apercevoir d’aucun changement», souligne-t-il. L’expérience professionnelle d’Abdenasser Assouane a débuté en 2001. Il a travaillé sous la direction de Alain Chabat dans le tournage d’«Astèrix et Obélix : mission Cléopâtre». «J’ai été embauché dans ce film en tant qu’assistant coiffeur. Ce fut ma première mission dans ce monde de paillettes», se remémore-t-il. C’est à partir de 2005 que l’activité d’Abdenasser Assouane a commencé à battre son plein. Il a grimpé d’un simple assistant maquilleur au statut du chef d’équipe. Après avoir mis la main à la pâte dans «Je suis l’autre» de Margarethe Von Trotta, «El guerrab» de Ali El Mejdoub et «Prince of persia» de Mike Newell et autres,  Abdenasser Assaoune a été sollicité par une équipe de production arabe pour chapeauter l’équipe du maquillage des feuilletons «Ayam Sarab» et «Bayni wa baynak» en Arabie Saoudite. «J’ai été vraiment heureux de partager ma modeste expérience avec mes confrères arabes. Il y a beaucoup de travail à faire dans ce domaine, nous devons regrouper nos forces afin de promouvoir ce métier au Monde arabe», souligne-t-il. Certes, cette spécialité est stigmatisée. Pour pallier ce manque, Abdenasser Assouane lance un appel aux responsables afin de promouvoir cette profession. Et ce, en organisant des cycles de formation réguliers au Maroc comme à l’étranger. Malgré tous les obstacles qu’il affronte, ce jeune maquilleur garde espoir. Ces ambitions sont au-delà de toutes les attentes.
Abdenasser Assouane ne veut pas se contenter de dessiner les mouches ou coiffer les perruques. Il rêve de se distinguer en effets spéciaux. Cependant, il déplore l’absence de scénarios relatifs à ce genre de maquillage. Des couleurs chair aux teints pâles, M.Assouane imagine, crée et sculpte. Les plaies béantes, les cicatrices profondes et les rides en latex le séduisent. En pinceaux, prothèses ou aérographes Assouane performe et colore son avenir de mille et un tons.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *