Abderrahman Rahoul : «Je suis fier de mon quartier et ses gens sont fiers de moi»

Abderrahman Rahoul : «Je suis fier de mon quartier et ses gens sont fiers de moi»


ALM ; Qu’est-ce qui  a imprégné votre enfance à Derb Sultan ?
Abderrahman Rahoul : Les maisons des voisins étaient les nôtres. Les portes étaient toujours ouvertes prêtes à accueillir l’hôte. Les habitants de Derb Sultan constituaient une même famille dont les membres étaient toujours solidaires. Mes souvenirs dans ce quartier m’ ont toujours accompagné et nourri mon œuvre. Que ce soit par son architecture ou par la convivialité de ses habitants, Derb Sultan a toujours été pour moi une source d’inspiration, que ce soit en peinture ou en sculpture.
 
Comment avez-vous grandi dans ce quartier ?
Je suis né plus exactement à Derb Kalouti. Issu d’une famille modeste dont le père est commerçant, j’ai suivi mes études primaires à l’école «Ankara», puis mes études secondaires au lycée «Lahlou». Durant ma jeunesse au quartier,  je côtoyais plusieurs noms connus aussi bien dans le domaine sportif qu’artistique. On cite le footballeur «Pétchou», l’homme de théâtre Taïb Seddiki ou encore le comédien Abdelkader Motâa… Toutes ces personnalités m’ont imprégné par leur valeur et leur talent. Et ce qui a marqué mon enfance à Derb Sultan est cet esprit de  convivialité sans pareil. On était toujours unis, à chaque fois on était solidaires, que l’occasion soit heureuse (fête, mariage, circoncision…), ou tragique. On s’entraidait, on essayait toujours de trouver des solutions ensemble. Le contact humain était réel, malgré le peu de moyens.
 
Comment avez-vous intégré le monde  de l’art ? 
Je n’ai jamais pensé faire de l’art. Ce n’est qu’en me présentant au concours de l’école des beaux-arts de Casablanca que j’ai eu le déclic. C’est ainsi qu’a commencé ma formation artistique, en 1962, à l’Ecole des beaux-arts de Casablanca, avant de partir à Paris pour intégrer successivement l’Ecole nationale supérieure des arts industriels et des métiers d’art, puis l’Académie populaire des arts.
 
En contemplant vos toiles, on perçoit Derb Sultan ?
Je suis fier de mon quartier et ses gens sont fiers de moi. Et mes toiles rappellent l’architecture du quartier qui a émerveillé mon enfance, se distinguant par un entassement urbain des logis avec des formes coniques, sphériques, rectangulaires, carrées d’habitations.

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