Abderrahmane Sidqui, l’art de mieux communiquer

Abderrahmane Sidqui, l’art de mieux communiquer

Bien qu’issu d’une famille nombreuse et socialement moyenne,  M.Sidqui, papa de Yahya, trois ans, a eu la chance et le bonheur d’avoir des parents compréhensibles l’ayant aidé à se frayer un chemin dans le monde moderne des télécommunications : «Je remercie mes parents n’ayant pas eu la chance d’aller à l’école et qui pourtant, ont réussi à faire de moi, ce que je suis aujourd’hui».
Humilité, sagesse, contemplation, patience, entraide, tels sont les maîtres mots auxquels croient M.Sidqui, car pour lui, il est  important que l’être se ramène constamment, à sa juste valeur et se placer par rapport aux autres. «Nous existons par nous, mais aussi par et pour les autres. Il est fondamentalement convaincu qu’une société ne peut exister et évoluer sans entraide entre toutes ses composantes. »
Qu’est-ce qui passionne M. Sidqui, à part le monde des télécommunications ? «J’adore le blues en particulier et   la culture en général. Car elle me permet de tout relativiser, de métamorphoser et de transformer les esprits et les comportements. On dit que la musique adoucit les mœurs, moi je dis que c’est la culture et les arts qui les adoucissent». 
Les premières prémices des souvenirs de Sidqui retracent le croquis de l’enfant au m’sid, avec son ardoise et ses doigts tachetés d’encre «smak», les petites voix qui récitaient des versets coraniques. Son maître spirituel, son conseiller de toujours, Haj Abdellah Saber, c’est son oncle de 110 ans dont il garde de très beaux souvenirs et qu’il vient de perdre tout récemment : «Ses conseils étaient derrière les choix stratégiques qui allaient façonner ma vie». Feuilletant les pages du livre de M. Sidqui, l’on arrive à l’épisode de l’enfant animé d’un sens fort de la responsabilité. Fils  de bijoutier, Abderrahmane mettait la main à la pâte en réalisant des petites bagues en cuivre dans l’atelier de son père et c’est en les vendant qu’il s’est payé son premier costume et ses premières chaussures. «Je façonnais des petites bagues en cuivre. Je devais avoir entre 10 et 14 ans et grâce à cela, je réussissais à faire des économies qui me permettaient d’acheter mes fournitures scolaires», se rappelle avec fierté M. Sidqui, ce natif de Casablanca, ayant grandi au quartier Derb Soultan. 
Son parcours professionnel est chapeauté par un Bac électronique en 1985 au lycée Al khawarizmi, puis une licence en électronique automatique décrochée à l’université de Nice en 1989, suivie d’une maîtrise en 1992 et un DEA en 1993 dans la même spécialité. Entre 1993 et 1995, il réussit une  maîtrise en télécommunications  à l’Institut national des télécommunications à Evry.
M. Sidqui est un passionné des écrits sur l’histoire du Maroc, car, avoue-t-il «C’est plein d’enseignement, sur notre passé, notre mémoire collective, notre culture, nos traditions, bref notre identité». Pour ce spécialiste du monde de l’électronique et des télécommunications, l’avenir du Maroc dépend surtout de l’éducation. «Quand on fait, très honnêtement, un flash-back sur les 70 et 80, l’on s’aperçoit que l’école publique remplissait pleinement son rôle d’«ascenseur social», d’éducation et d’intégration, pour toute la couche sociale démunie. Nous sommes malheureusement en train de délaisser l’école publique au profit de l’école privée. La première nous permettait d’être à la fois arabophone, bilingue et même  trilingue. C’est une période qui a produit des personnes ayant eu la chance de suivre  des études supérieures dans les grandes universités étrangères, francophones, anglophones ou arabophones. Aujourd’hui, notre baccalauréat n’a plus la même valeur à l’étranger. La classe moyenne, voire pauvre, se bat pour inscrire ses enfants dans les écoles et instituts privés qui coûtent de plus en plus cher», poursuit A.  Sidqui et d’ajouter que le Maroc d’aujourd’hui compte beaucoup sur ses ressources humaines qui se comptent malheureusement sur les bouts des doigts. Il est convaincu que les  technologies modernes sont en train de marquer une réelle transformation dans la vie des citoyens. «Cela  permet d’apporter des facilités. Aujourd’hui, tout se greffe autour de l’information et de la communication». conclut-il.

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