Achraf Baznani : «Nous avons des expériences incomplètes pour certains arts visuels»

Achraf Baznani : «Nous avons des expériences incomplètes pour certains arts visuels»

ALM : Votre prochaine exposition «Inside my dreams» aura lieu à la Galerie 127 à Marrakech. Quelle est la particularité de ce projet ?  

Achraf Baznani : La Galerie 127 à Marrakech accueille depuis sa création des artistes internationaux dont l’œuvre fait référence, mais aussi des artistes marocains. C’est la seule galerie du Maghreb à présenter exclusivement de la photographie. «Inside My Dreams» inclut de la photographie surréaliste. Le «petit homme» qui y sert de modèle, et qui est présent dans l’ensemble de mon œuvre, n’est personne d’autre que moi-même. Je pense que les photos ne sont pas de simples captures produites par l’appareil lui-même, mais elles représentent plutôt un moyen intéressant de sensibiliser les gens à diverses questions. Elles sont également l’expression des sentiments du photographe. Ceux qui les regardent y trouvent un miroir reflétant un peu l’image de leur vie et les problèmes auxquels ils doivent tous faire face tous le jours. Les photographies véhiculent des messages perspicaces ainsi que des idées intéressantes, découlant de compositions uniques.
Pour la première fois, vous proposez à travers cette exposition la forme «matérielle» par l’utilisation du papier, pourquoi ce choix ?
Depuis que je photographie, j’ai toujours nourri le rêve d’avoir mes photos imprimées en grand et postées sur un mur. Exhiber ainsi mon travail est mon plus grand rêve.
 
Qu’est-ce qui vous inspire ?

Certains jours, vous pouvez me trouver derrière l’écran de mon ordinateur, en train de faire des recherches ou d’expérimenter de nouvelles idées en matière de photographie et d’art. Vous savez, la photographie a plus d’une source d’apprentissage. Elle varie en fonction de la personne elle-même. Personnellement, je suis un grand fan du photographe hongrois Robert Capa, surtout de son immortel cliché «Le soldat qui tombe». Ce plan est l’une des images les plus précieuses de la guerre au XXe siècle. C’est ce que m’a fait expérimenter l’art surréaliste et imaginaire, et m’a poussé à me lancer dans la création d’images que l’esprit humain ne conçoit pas. Chaque photographe a ses propres inspirations, et de même chaque photographe suivra différentes méthodes et utilisera différentes techniques. L’inspiration commence par une étincelle, c’est-à-dire à partir de rien ou de n’importe quoi. Pour ma part, j’adore rencontrer les gens et apprendre des autres. De cette manière, je garde mon inspiration vivante.

Vos œuvres sont de plus en plus présentes sur les couvertures de célèbres magazines internationaux. Vous figurez cette année parmi les 100 artistes photographes les plus prometteurs, suivant les normes de l’Académie occidentale de l’encyclopédie annuelle.
Quel est votre secret de réussite ?

L’une des choses les plus importantes serait, à mon sens, de toujours partir de soi-même. Il est également très important de prendre les choses au sérieux. De même qu’il faut faire quelques sacrifices pour réussir, tout en essayant de rester aussi réaliste que possible. Il faut aussi fixer des objectifs et travailler dur pour essayer de les atteindre. Avec beaucoup de dévouement, d’engagement, de détermination et une pincée de chance, il est possible de réussir. Le travail acharné et la persévérance sont la clé. Ne jamais abandonner, s’accrocher, peu importe si c’est difficile. Avec ces ingrédients, rien n’est impossible.
 
Qu’est-ce qui empêche votre promotion au Maroc ?

Je pense que la photographie, comme art, ne trouve pas vraiment d’intérêt au Maroc et même dans le reste du monde arabe. La photographie en Occident est venue suite à une longue accumulation d’un certain nombre d’arts visuels comme la sculpture, la peinture, le théâtre, le cinéma. Au Maroc, nous avons des expériences incomplètes pour certains arts visuels. Voilà ce qui limite la proportion de créativité et le développement de la photographie localement, et ce qui n’aide pas à la promotion de mes œuvres au Maroc.
 
Quels sont vos projets ?

Mon prochain recueil de photographie sera différent. Nous travaillons sur une mise en page, ainsi que sur quelques détails. Ce livre sera publié dans les prochains mois. D’autre part, je vais continuer à créer de nouveaux mondes dans la lignée de la série «Inside My Dreams». D’autres projets seront prochainement mis en œuvre en collaboration avec la meilleure galerie dédiée à la photographie dans le Maghreb, qui est la Galerie 127 à Marrakech.
 

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