Achraf Kabbouri : « On n’a pas encore une culture de l’image au Maroc »

Achraf Kabbouri : « On n’a pas encore une culture de l’image au Maroc »

ALM: Votre association organise, du 4 au 16 janvier, la première rencontre internationale des jeunes photographes à Rabat. Quel en est l’objectif ?  
Achraf Kabbouri : Cet événement entre dans le cadre des activités du club «Ibn Al Haitam» qui appartient à l’Association jazz ¾ et créé il y a un an et demi pour promouvoir la culture de la photo et transmettre un message à ceux qui croyaient avoir besoin d’un appareil professionnel pour prendre des photos. Le travail a commencé avec de jeunes lycéens et collégiens marocains qui ont exposé au centre culturel de l’Agdal à Rabat. Au fil du temps, j’ai eu l’idée de faire cette première rencontre pour rassembler des photos prises par des jeunes et les exposer au théâtre Mohammed V de Rabat. A l’occasion, le Japon et les États-Unis sont invités d’honneur pour montrer qu’on a de grands talents au Maroc. Et comme vous l’avez vu, la rencontre s’articule autour du thème «Jeunesse dans tous ses états», donc chacun des lycéens a photographié la jeunesse dans son pays. Je fais cela pour les motiver, s’amuser et contribuer à la promotion de la culture. Mon idée consiste aussi à rassembler les jeunes qui ne se sont jamais rencontrés.
 
Qu’est-ce qui vous a décidé à passer du jazz à la photographie?
A vrai dire, je suis musicien et photographe. Le jazz n’était qu’un prétexte pour créer l’association. Le but était de renforcer les capacités des jeunes à travers l’art. Parallèlement, l’association a participé à des festivals et donné des masterclass. Au fil du temps, on a créé le concept «Maman est artiste» en invitant des femmes à partager leurs créations artistiques avec le grand public.

Et comment s’est fait le choix des participants à la première rencontre internationale des jeunes photographes ?
Ce sont quatorze jeunes, à savoir 12 Marocains et deux étrangers, qui prennent part à cet événement. Une formation a été dispensée au profit de la plupart des participants. Pour faire cette exposition au théâtre, les meilleurs clichés réalisés par ces photographes ont été retenus. Cependant, quatre jeunes exposants, parmi les douze Marocains, n’ont pas reçu de formation. Le but étant de les encourager car ils ont l’œil et le regard d’un photographe professionnel. Quant aux invités, Destry Allyn Spielberg des États-Unis et Hisoaro Kato du Japon, c’est pour la première fois qu’ils exposent au Maroc. Ce Japonais a envoyé, entre autres, deux photos prises par GSM qui sont exposées lors de cette 1ère rencontre parce que c’est le regard qui compte et c’est mon critère de sélection.
 
Alors comment doit être ce regard?
Il n’y a pas de règle, je recommande de prendre beaucoup de photos. Le regard du photographe remarque le détail et doit être différent des communs des mortels. C’est ce qui fait son originalité.

Quel serait l’apport de la première rencontre des photographes pour ces jeunes?
J’espère que ces jeunes vont évoluer et qu’ils continueront à prendre des photos sans tomber dans le commercial.

Quelle évaluation faites-vous de la photographie au Maroc?
C’est vrai qu’on a des photographes de talent, mais on n’a pas encore une culture de l’image au Maroc. On a du chemin à faire dans ce sens. J’espère que cette rencontre fera connaître des talents. Je caresse également l’espoir que le nouveau gouvernement va ouvrir des galeries et encourager la culture y compris celle de l’image et l’inculquer à l’enfant. A leur tour, les sponsors doivent faire confiance aux associations. A l’occasion, on a prévu de tenir une deuxième rencontre internationale des jeunes photographes au mois de Ramadan sous le thème «Rêve d’enfant», mais cela dépend de la disposition des sponsors.

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