Adieu Mohamed Rouicha…!

Qui dit Mohamed Rouicha dit le roi de la musique amazighe. Ce chanteur berbère à la voix enchantante a tiré sa révérence mardi 17 janvier à l’âge de 62 ans suite à une longue maladie. À travers sa musique, ses chansons, Rouicha s’est imposé comme le maître des mots et de «Loutar». Celui-ci a laissé derrière lui un patrimoine riche de musique et de poésie amazighes. Les mélomanes de différentes générations n’oublieront pas de sitôt les airs envoûtants de ses chansons porteuses de la majesté du cèdre et de la grandeur du Moyen-Atlas, notamment «Inas Inass», «Chhal men Lila», «Ya majmaa Al mouminine», «Qulou lammimti». Grâce à sa voix et sa passion pour la chanson, il a pu pénétrer les cœurs de chaque Marocain. «La voix de Mohamed Rouicha me charme et me donne un grand plaisir. Personnellement, je n’ai jamais pensé à chercher l’explication de ses chansons amazighes quand je les écoutais», témoigne le poète Yassine Adnan. On le décrit comme quelqu’un de modeste et de convivial. «Je le considère comme le trésor du Moyen-Atlas. Le défunt Mohamed Rouicha était un homme très simple. J’ai eu le plaisir de le rencontrer lors d’un concert en France. C’est une grande perte pour tous les Marocains», souligne Younes Mégri. Par ailleurs, le talent du défunt fut révélé très tôt. C’est à l’âge de 11 ans qu’il a commencé à jouer à «Loutar», notamment dans des cercles traditionnels de musiciens. Vite il s’est lancé dans l’interprétation de la chanson traditionnelle berbère. Humble et ouvert, Rouicha a réussi à explorer des œuvres de plusieurs chercheurs et intellectuels dans le patrimoine de musique et de poésie amazighes. Et c’est à travers la maîtrise de la fusion entre plusieurs répertoires qu’il parvient à asseoir sa propre école. D’ailleurs, dans son style populaire, l’ambassadeur de la musique amazighe a chanté l’amour, la nature, la justice, la politique, la vie et la mort. «Le Maroc a perdu l’un de ses grands poètes. J’espère que l’Institut royal de la culture amazighe rassemblera toutes ses œuvres et les traduira en arabe pour que les gens connaissent ce patrimoine amazigh réalisé par cet homme», atteste Yassine Adnane.

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