Ahmed Habchi : «Derb Sultan constitue un vivier de grands artistes»

Ahmed Habchi : «Derb Sultan constitue un vivier de grands artistes»


ALM : Que symbolise pour vous le quartier Derb Sultan?
Ahmed Habchi : C’est dans le quartier où je suis né et grandi. J’ai appris beaucoup de choses dans ce quartier. A l’image de Hay Mohammadi, Derb Sultan est un quartier phare. Il constitue un vivier de grands artistes. Le fait d’appartenir à ce quartier était et est toujours une source de fierté pour moi. C’est à Derb Sultan où j’ai appris mes premières leçons du théâtre. C’est dans ce quartier également où j’ai déterminé avec clarté mes choix politiques. Les habitants de Derb Sultan étaient tolérants à l’égard de tous. 
 
Quels sont les souvenirs que vous en gardez?
Mes meilleurs souvenirs en relation avec ce quartier se rapportent à mes premiers apprentissages intellectuels. C’est en 1965 que j’ai débuté ma carrière d’artiste au théâtre, notamment à la maison des jeunes de Sidi Maârouf et au club culturel de Derb Bouchentouf. Déjà à l’âge de 16 ans, nous avons joué notre première pièce de théâtre «Derrière la porte» de Youssef Fadel. Nous travaillions à l’époque avec Mohamed Tsouli dans le cadre d’un groupe appelé «Chihab». Par la suite, nous nous sommes séparés de M.Tsouli et nous avons rejoint le groupe «Al Bassim» de Mohamed Benbrahim. Dans le cadre de ce groupe, nous avons joué la première pièce de théâtre de l’écrivain Mohamed Jabrane «Le zéro». Nous abordions des sujets socio-politiques à partir de nos convictions, notamment la pensée socialiste. Nous avons joué également «La guerre» peu de temps après la bataille de 1973 entre les Arabes et Israël et qui a suscité la polémique. Suite à cela nous nous sommes séparés encore une fois et on a constitué le groupe de théâtre «Al Ahmar». Peu de temps après, je me suis éloigné du théâtre à cause de mon incarcération durant dix ans. 
 
Est-ce que vous gardez toujours des liens avec Derb Sultan?
Après être sorti de la prison, j’ai habité à Derb Sultan pendant une certaine période. D’ailleurs, c’est au niveau de la circonscription de Derb Sultan que je me suis présenté aux élections législatives de 1997 sous les couleurs de l’Organisation de l’action démocratique et populaire puis aux élections communales. J’ai également enseigné dans une école dans ce quartier. Je vais de temps en temps à Derb Sultan pour visiter la famille et les amis. Je suis aussi vice-secrétaire régional du PSU à Derb Sultan. Donc, j’ai toujours gardé des liens avec ce quartier. C’est là où je sens que les gens me respectent profondément.
 
N’avez-vous jamais pensé à constituer une association rassemblant des personnalités de ce quartier?
En fait, j’ai essayé en 1997 de lancer cette idée en compagnie de certains électeurs. J’ai rassemblé les gens et on a mis en place un bureau local qui s’occupe du quartier «Korea» mais cela n’a pas marché pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que je n’habitais plus à Derb Sultan, en plus c’était la vision électoraliste des choses qui a constitué l’obstacle majeur. Les gens croyaient que cette idée allait être employée uniquement pour des objectifs électoraux ni plus ni moins.

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