Ahmed Tayeb Al Alj : «Fès me fascine énormément»

Ahmed Tayeb Al Alj : «Fès me fascine énormément»

ALM : Comment avez-vous été invité à la grande fête célébrant les 12 siècles de la vie du Royaume?
Ahmed Tayeb Al Alj : J’ai composé en 2002, un long poème de 1000 vers sur la ville de Fès, dont 400 ont été sélectionnés et édités dans la collection Offrande aux éditions Marsam en 2005, sous le titre de « Spleen de Fès ». Un beau livre, fruit d’une belle et heureuse rencontre entre mon écriture et la peinture de l’artiste peintre Mohamed Krich.
Il s’agit d’une véritable revalorisation de l’histoire et de la civilisation de la belle cité impériale, Fès, berceau de mes souvenirs d’enfance. Fès, me fascine énormément. Le texte que j’ai confié aux organisateurs de 1200 ans de la vie d’un Royaume, est composé de vers tirés de «Spleen de Fès» que j’insère à un texte récent rédigé en quatrains.
C’est une toile de fond sur laquelle se brodent en sons, danse et couleurs, la chorégraphie de l’artiste Lahcen Zinoun, la musique d’Ahmed Aydou, et la mise en scène du cinéaste, Mohamed Abderrahman Tazi.

Que narre le texte du spectacle «Le Carré harmonique»?
Il raconte l’histoire millénaire de tout un peuple, le nôtre. Mes «Roubaïyyates» poétiques (quatrains), mettent en scène l’exploit des personnages ayant enfanté et donné naissance à la ville de Fès. Du Roi Idriss premier à Idriss II. Je fais allusion à «Oum al achraf», lalla Kenza al Ourabia.

Quelques passages du texte.
Fès m’interrogea :
Où sont passés mes enfants, les absents, pupitres de mes yeux?
Ta question m’intrigue ô Fès chérie,
Tes enfants sont différents : ceux qui t’ont aimé et à tes côtés ont demeuré
Et ceux égoïstes, t’ont quitté.
Moi je t’ai aimé, et suis devenu pareil à ce poisson qui, loin de ton océan succombe et s’anéanti.
 
Que symbolise pour vous la ville de Fès ?
C’est d’abord, la ville où je suis né, qui m’a imprégné et m’a vu grandir. C’est la cité sereine, accueillante, ensorcelante. Parler de Fès, première capitale de notre pays, c’est se remémorer tout un passé glorieux où s’éparpillaient connaissance et savoir, amour bonté et générosité.  C’est la ville de tous les Marocains, le lieu où «Oum Al Banin», a choisi de construire l’université Al Karaouiyyine. Au niveau de mon texte, je parle de la richesse et la diversité culturelles qui composent notre pays. Nous sommes l’unicité de racines, berbère, arabe, mauresque, andalouse, africaine. C’est un délicieux cocktail qui fait notre force. Nous sommes unis par la religion de l’Islam autour de notre monarchie et rejetons toutes les idées et formes d’intégrisme et d’extrémisme.

Douze siècles de la vie d’une nation ou une ville qui fête ses 1200 ans, quel sentiment cela vous inspire ?
Une énorme fierté d’avoir appartenu, corps et âme à ce pays. Fès, la marocaine, le refuge de mille et une traditions, cultutres, le nid des Fassis, mais aussi des Marrakchis, des Sahraouis, des rbatis… 
Fès dont les murs et les ruelles racontent l’histoire de savants, de philosophes s’étant abreuvés dans les sources limpides de cette ville.

La grande fête de Fès, éveille-t-elle chez vous un souvenir précis ?
Je revois cette petite rue, réstreinte, sombre où je suis né, «Derb Al hammam» au quartier «Kharchfin» et j’entends la voix de mon professeur de théâtre André Voisin, qui dit «C’est dans cette rue sombre qui manque d’oxygène qu’ est né ce géni ?». Ne sachant pas que c’est de la pénombre que naît la lumière.

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