Aïcha Ben Sghir Jallal, une jeune artiste contemporaine, belle et rebelle

Aïcha Ben Sghir Jallal, une jeune artiste contemporaine, belle et rebelle

Le fameux cogito : «Je pense donc je suis». Il y a des individus pour qui leur art est le moyen de dire qu’ils existent. Leur art leur permet de penser le monde qui les entoure, de penser leurs blessures. Aïcha Ben Sghir Jallal est de ces artistes là. Charismatique et rayonnante, cette jeune femme de trente ans aurait pu très bien faire carrière en tant que comédienne sur les planches du théâtre ou actrice de cinéma. Elle en a la carrure et le talent. Mais elle a choisi l’art contemporain, et plus particulièrement l’art éphémère, défiant les idées reçues et les conventions artistiques communes. La durée de vie de son œuvre dépend de la durée de vie de son support qui n’est autre que des feuilles de palmiers. Elle incruste ces dernières de toutes sortes d’éléments qu’elle a minutieusement collectés : coquillages, plumes, perles, feuilles mortes, paille, des morceaux de coton, des branches d’arbres… sans parler des dessins, signes esthétiques et inscriptions ( alphabets berbères et autres) que comprennent ses œuvres. Les pièces formant l’œuvre de Aïcha Ben Sghir Jallal portent chacune en elles leur propre histoire, leur propre vérité, mais rappellent toutes selon l’artiste, la relation entre l’homme, la nature et les signes. Outre cela, inutile de chercher le message absolu dans cette feuille de palmier artistique, car celle-ci peut également être exclusivement approchée comme une œuvre à vocation décorative.
Une œuvre qui peut faire partie du décor quotidien mais où l’empreinte, la personnalité et l’émotion de l’artiste sont présentes. Au début, notre jeune artiste commença par dessiner sur du papier, puis finit en 2005, après plusieurs expérimentations, par découvrir les propriétés des feuilles de palmiers. La longévité de ces dernières et par conséquent de ces œuvres est plus ou moins longue selon la l’arrosage, la variété du palmier et la saison (la feuille de palmier peut vivre six mois en hiver, trois mois en été). Finalement, à travers ce support, le temps prend le relais du travail de l’artiste et le processus de création ne prend fin que quand l’œuvre est finie, c’est-à-dire morte. Aussi, ce qui anime la démarche de cette jeune artiste est de bien mettre en cause le confort conceptuel qui existe parfois dans le milieu artistique et qui empêche les jeunes aux idées originales de s’affirmer. Jusqu’à maintenant, Aïcha Ben Sghir n’a jamais exposé ses œuvres en dehors de chez elle où elle organise régulièrement des expositions et où sont invités plusieurs artistes, les uns l’encouragent, les autres restent surpris ou perplexes par rapport à son art. En parallèle à son activité artistique, Aïcha Ben Sghir est femme d’ affaires et gérante d’ une boîte de communication. Elle développe actuellement de nouveaux concepts artistiques, toujours liés au palmier, à l’art éphémère et décoratif avec toujours une attitude de rébellion et de défi lancé à ceux qui n’ont pas cru en elle. «Défie toi toi-même tu vaincra les autres», c’est peut-être le seul conseil qu’on est tenté de lui donner.

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