Air de Jazz à Tanger

Air de Jazz à Tanger

Et de cinq pour le Festival de jazz de Tanger, Tanjazz. Bénéficiant d’une réputation qui en fait actuellement l’un des festivals de jazz les mieux connus d’Afrique, cet événement semble, tout comme la musique qu’il célèbre, aller son petit bonhomme de chemin sans grand bruit, dans l’ombre, mais avec succès. Ceci, dans une ville de Tanger qui est de loin la plus habilitée à accueillir un tel événement. Tanjazz aura lieu du 18 au 24 mai prochain. Mais les préparatifs sont d’ores et déjà entamés. Une conférence de presse, tenue vendredi à Casablanca, a permis d’en savoir davantage sur l’événement musical n°1 de Tanger, sinon de tout le Nord du pays. A commencer par les artistes qui s’y produiront .
Les principales têtes d’affiche de l’édition de cette année seront notamment Ray Baretto et Stacey Kent. Si le virtuose conguero new-yorkais, d’origine portoricaine, n’est plus à présenter, ayant marqué de son empreinte l’histoire du jazz contemporain par ses brûlantes fusions Latin jazz, la délicieuse Kent excelle en matière de réinterprétation des grands standards, sur les traces de ses idoles Franck Sinatra et Nat k-King Cole. Certains critiques n’hésitent d’ailleurs pas à la comparer aux divas du jazz, telle Ella Fitzgerald. Au goût Philippe Lorin, le président-fondateur du festival, « Stacey Kent n’est pas un être humain comme les autres. Elle est un conte de fées vivant, un script sorti droit de Hollywood. Aussi bien sa voix que son talent musical dépassent de loin ceux de certaines stars actuelles, telle Norah Jones, et qui, médiatisation aidant, sont plus connues qu’elle ». Des propos que confirme la simple écoute de cette voix, qui rappelle par sa sensualité et son naturel les années de gloire de cette musique.
Autre spectacle à ne pas manquer, celui de la tunisienne Samiha Ben Saïd, à ne pas confondre avec notre Samira Saïd, et qui se produira avec Stephan Athanas&Contemarabic Jazz Ensemble. Dotée d’une voix sublissime, qui semble caresser les mots plutôt que de les prononcer, Samiha Ben Saïd n’est pas seulement musicienne. Elle est aussi musicologue. Elle chante une musique arabe savante dans son répertoire le plus large, mêlée de jazz et de musique contemporains. La transition entre ces différents genres se fait toute en douceur. Le passage d’une tradition musicale à une autre n’est que difficilement perceptible.
Se voulant ainsi riche est diversifiée, la programmation de Tanjazz s’inscrit dans le cadre de la multiplicité des genres et des couleurs. Histoire de plaire au plus grand nombre et de sortir le jazz des préjugés le réduisant à une musique savante, élitiste. Pour ce faire, les organisateurs comptent, comme chaque année, procéder par trois événements à part entière, se déroulant chacun dans un espace-temps spécifique et tout au long du déroulement du festival. Si l’événement central reste les concerts, organisés chaque soir avec deux sets, un premier à 19h30 et un deuxième à 21 h, dans les théâtres de verdure du palais de la Mandoubia, Tanjazz comprend également les traditionnelles parades dans les rues de la ville à 11h30 et 17h ainsi que des concerts gratuits à 19 h à la place Keno. A cela s’ajoutent les jam-sessions à l’hôtel El Minzah à 18h30 et au nouveau club Tanjazz à partir de 23h00.
Autre spécificité, Tanjazz est l’une des rares manifestations de jazz où il est conseillé, même recommandé, de danser.
Fort d’un soutien financier qui s’affirme d’année en année réputation du festival et enjeux, notamment touristique, obligent, Tanjazz 2004 s’inscrit également sous le signe de la promotion des jeunes talents marocains. Pour cette année, des spectacles regroupant de jeunes musiciens ayant participé au Boulevard des jeunes musiciens, seront également de la partie. De quoi donner une dimension plus «locale» à l’événement et drainer un public tangérois, et marocain en général, qui se fait de plus en plus nombreux.

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