Amal Latrach : «Je ne suis pas une star»

Amal Latrach : «Je ne suis pas une star»

Devant le café où on la rencontre le plus souvent, le gardien de voitures interpelle Amal Latrach : «Quoi de neuf lalla Amal ?» Amal fait mine de s’emporter : «Il me demande ça à chaque fois qu’il me voit, même le directeur de la télévision ne me pose jamais la question!»
Jusqu’au 5 septembre prochain, Amal Latrach est en tournage d’un téléfilm de Farida Bourquia intitulé « La banlieue », qui sera diffusé sur 2M. L’histoire d’une famille pauvre de Casablanca dans lequel Amal joue le rôle de la fille cadette qui rêve d’émigrer en Espagne.
Mais qu’est-ce qui a pris Farida Bourquia, dont on connaît le penchant pour un style réaliste, certains diraient social, d’être allée chercher celle que l’on ne connaît généralement que sous les traits comiques des personnages caricaturaux des sitcoms qui l’ont révélée au grand public ?
Amal Latrach répond du tac au tac : «Ce qui nous a rapprochées, au-delà de la maîtrise de nos métiers respectifs, c’est la spontanéité. Et j’ai beaucoup apprécié qu’elle m’ait vue davantage dans ce que je pouvais faire que dans tout ce que j’ai déjà fait…»
Trois courts-métrages de cinéma, un téléfilm réalisé par Mohamed Ismaïl où elle donne la réplique à Rachid el Ouali et tout récemment, un rôle de composition dans le dernier long-métrage cinéma de Farida Belyazid : «Je jouais le rôle d’une folle, certains diront que ça me va comme un gant…»
A vrai dire, Amal ne raffole pas de la télévision. «La télévision, c’est important pour se faire connaître, ça permet de mieux communiquer avec le public, mais ça ne suffit pas à combler la vie d’un comédien. Heureusement, Farida me dirige  formidablement bien, je me sens portée par une bonne vague, c’est ça le plus important…»
Et les propositions qui se multiplient au fil des apparitions, nul doute que ça doit compter aussi ? A en juger par l’expression qui s’imprime soudain sur le visage d’Amal, imprévisible feu follet, on comprend que la jeune femme gère très sérieusement le cours de sa carrière : «C’est vrai, les propositions ne manquent pas, mais je ne me presse pas de décider. Je me soucie de progresser lentement mais sûrement. C’est fragile, vous savez, une carrière de comédien. Surtout quand le cadre législatif est encore balbutiant, quand la profession est relativement désorganisée, quand il n’y a même pas de barème fixe pour les cachets… Vous n’imaginez pas à quel point tout cela peut devenir pesant et créer des tensions…»
Au chapitre des tensions, Amal a d’ailleurs un message à faire passer : «Le plus pénible, dans notre profession, c’est la tendance très répandue à perdre son temps en bavardages et en médisances, alors que le temps est déjà trop court pour créer et se perfectionner…»
Et les compensations qu’apporte le statut de star, ça ne compte pas ? «Je suis célèbre, oui, mais je ne suis pas une star. Il n’y a pas encore chez nous de star-system et franchement cela ne me manque pas… J’ai déjà du mal parfois à gérer ma relative célébrité…»
Très simplement, sans chichis, Amal se confie. Elle en est à ce stade d’une carrière où l’on commence à se poser des questions : «Pourquoi est-ce que je fais de la télévision alors que je suis passionnée de cinéma et surtout de théâtre ? » La scène, c’est pour Amal «une nécessité vitale, une formation continue, la découverte jour après jour de soi-même, la recherche de quelque chose d’invisible et d’indicible, c’est une extraordinaire sensation…»
Vous aimeriez savoir qui elle est vraiment ? Allez donc voir Amal sur les planches, parmi ses camarades de la troupe Tansift où elle évolue depuis deux saisons déjà. Vous la découvrirez par exemple dans le rôle de la femme de Sancho Pança, le célèbre écuyer de Don Quichotte dans un « Don Quichotte» qui sera diffusé sur TVM pendant le mois de Ramadan. Vous pourrez également l’applaudir dans «L’Île aux esclaves», une adaptation de la pièce de Marivaux, au cours de la tournée qui l’a déjà vue se produire à l’Institut français de Marrakech, au théâtre Mohammed V à Rabat et au complexe Kamal Zebdi de Casablanca.
Une bonne nouvelle ? Amal et ses partenaires de « l’Ile aux esclaves » offriront bientôt une autre représentation de leur pièce au public casablancais. Que vous aimiez le théâtre ou pas, un conseil : ne la manquez pas…

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