Ambiance : Tanger inspire toujours les cinéastes

La crise que vit actuellement les salles de cinéma marocaines n’épargne pas Tanger. À l’instar des autres villes du Royaume, le nombre de salles se compte sur le bout des doigts. Il y a deux ans, le complexe du Dawliz a fini par mettre la clé sous le paillasson et priver les Tangérois de deux salles obscures.
Pour les autres, les propriétaires diffusent aux cinéphiles des productions indiennes pour tirer leurs épingles du jeu. « Notre ville manque d’une bonne salle de cinéma où l’on peut voir les derniers films ! C’est dommage pour une cité mondialement connue », avoue un jeune cinéphile tangérois. Et d’ajouter : « le Bollywood a conquis les cinés des quartiers populaires. Pour nous, cinéphiles à la recherche des dernières productions américaines, il ne nous reste que les CD piratés pour étancher notre soif de films».  Malgré cela, Tanger reste une ville des plus prisées cinématographiquement.
Loin des lumières des projecteurs braqués à l’occasion de cet événement, Tanger a toujours fait fantasmer les cinéastes d’ici et d’ailleurs. La liste des productions cinématographiques tournées dans cette ville comprend une bonne partie de films étrangers. Le « Dernier été à Tanger » est l’une des plus anciennes productions mettant en scène les atouts de la Perle du nord. Réalisé par Alexandre Arcady, ce film a été tourné durant l’été 1956. « Richard Corrigan dans son bureau de détective privé rêve d’Amérique.
Quand un avocat suisse lui propose une forte somme pour porter une enveloppe à quelques mètres de là au bar de l’hôtel Minzah. Là, Claudia, magnifique italienne de vingt ans, l’attend. Pour Corrigan c’est le début de la fortune, mais aussi le commencement des ennuis. De nombreux crimes suivent le sillage de la pulpeuse Claudia », relève-t-on dans le synopsis de ce film. Dans la même série, il y a « Vol sur Tanger » du réalisateur Charles Marquis Warren.
Ce film relate l’histoire d’une femme, agent du gouvernement américain, chargée de recouvrer une lettre de crédits de trois millions de dollars apparemment, perdue aux alentours de Tanger. La caméra de Edgardo Cozarinsk, par contre, a été à l’affût des « Fantômes de Tanger ». Le synopsis de ce film annonce d’ores et déjà la couleur : « à travers le parcours croisé de deux personnages, un écrivain français en panne d’inspiration et un gamin d’une douzaine d’années qui rêve de traverser clandestinement le détroit de Gibraltar, évocation du mythe de Tanger, métropole où se côtoyaient l’intelligentsia occidentale, la jet-set, la pègre et la misère ».
Et de détailler : « on y découvrira un espion anglais à la retraite, un passeur d’hommes, un concert de musique andalouse, les tombeaux phéniciens devenus vide-ordures et les ombres de Jean Genet, Jane Bowles ou William Burroughs ». Décidèment, Tanger n’a rien perdu de son caractère fascinant et mystérieux .

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