Amine Wakrim : une passion nommée «Freestyle»

Amine Wakrim : une passion nommée «Freestyle»

Le chorégraphe et danseur professionnel Amine Wakrim était le lundi 7 juin l’invité de l’émission «Tendance jeune» co-animée par Hicham Lazrek de Radio Chaîne Inter et Laïla Zerrour du quotidien «Aujourd’hui Le Maroc». Ses amis l’appellent «Kung Fu Panda », «Shrek» ou «Lwach» en raison de sa forte carrure mais il préfère qu’on l’appelle «Amine Jack». Ce jeune pharmacien a été envouté par la danse dès son plus jeune âge. «Je ne pouvais pas rester une seule seconde dans ma chambre lorsqu’il y avait la fête à la maison. Je suppliais mes parents pour qu’ils me laissent se joindre aux invités pour danser et m’amuser. Il m’arrivait parfois de dormir très tard le soir», raconte Amine Wakrim. Alors qu’il n’était encore qu’un bébé, il ne cessait de bouger dans tous les sens. 35 ans plus tard, il n’a pas changé. Amine est incapable de rester assis sur une chaise plus de 20 minutes. Né en 1974 dans la capitale ismaélienne, il fait ses études au lycée Imam Al Gahzali. Amine décroche son Bac à l’âge de 16 ans et décide dans un premier temps de faire des études supérieures en Espagne. Sous l’influence de l’un de ses amis, il change de destination et s’envole pour la Russie. Il y apprend la danse classique, moderne, contemporaine, hip hop… De tous ces styles, il préfère de loin la danse contemporaine. «Je n’aimais pas les cours de danse classique car le rythme était beaucoup trop lent et en plus il fallait porter des collants», affirme-t-il avec le sourire. En 1994, il crée son école de danse en Russie qu’il nomme «Back Jack». «J’ai choisi ce nom pour la simple raison que je donnais des spectacles de danse de Michael Jackson et on m’appelait Amine Jackson. Pour moi, Jackson était un grand nom et l’on m’a alors appelé «Amine Jack» puis «Black Jack» à cause de ma couleur de peau», explique-t-il. Amine travaille dans le show-biz en tant que danseur, Dj dans des boîtes de nuit et en parallèle, il anime une émission radio et une émission télévisée. Malgré un emploi du temps trop chargé, il n’est pas question pour lui de faire un trait sur ses études à la Faculté de médecine. «Je travaillais jusqu’à 6 heures du matin et j’allais en cours à 8h. J’étais le seul étudiant autorisé à entrer à la Faculté sans tablier et avec des lunettes de soleil. Ce n’était un secret pour personne, tout le monde savait où je travaillais», dit-il. En 2000, il décide de tout laisser tomber après le coup de fil de sa mère qui lui demande de rentrer. «J’ai tout abandonné: ma carrière et ma femme, une Russe que j’avais épousée à l’âge de 17 ans pour rentrer au Maroc.La Russie m’a apportée tellement de bonnes choses, c’est une expérience inoubliable», affirme le jeune danseur. De retour au Maroc, il crée en 2001 une école de danse à Meknès. Laissant derrière lui plusieurs années de show-bizz et de chorégraphie en Russie, Amine décide d’organiser un événement socio-sportif unique au Maroc. C’est alors qu’il lance en 2005 le «Freestyle Maroc Urban Dance», une compétition de danse urbaine qui réunit chaque année 300 à 400 danseurs. Depuis deux ans, ce festival est devenu un évènement international réunissant des danseurs de plusieurs pays étrangers. Les participants sont amenés à dévoiler leurs talents devant un jury 100% étranger composé de professionnels internationaux. Cette manifestation se veut l’égale de celles organisées en Europe (Le juste debout), en Amérique (The battle of the years) avec l’utilisation des mêmes principes et des mêmes règles. Plus qu’une compétition, ce festival est avant tout une action sociale mêlée au culturel et au sportif où d’importants messages sont communiqués : lutte contre la drogue, sensibilisation au virus du sida… Pour cette 7 ème édition du festival qui aura lieu en septembre à Meknès, neuf catégories de danses ont été retenues. Un parterre de professionnels sera parmi le jury dont «Norman», le chorégraphe de la reine du pop Madonna.Mais pour arriver à ce qu’il est aujourd’hui, Amine a dû se sacrifier en raison de l’absence de sponsors. «Depuis le premier festival et jusqu’à présent, je n’ai jamais eu de sponsors. J’utilise les recettes de ma pharmacie pour tout financer. D’ailleurs, j’ai fermé ma pharmacie pendant plusieurs années et je ne l’ai réouverte que récemment», déclare-t-il. Et de poursuivre : «Au départ, ce festival était mal vu. Les gens n’hésitaient pas à dire que je ramassais des «chmakrias», des hors-la-loi. Ce n’est qu’avec la création en 2008 de l’association «Espoir jeunesse Maroc Freestyle Urban Dance» que les gens ont changé leur vision de ce festival». Amine reconnaît avoir la chance d’avoir une femme qui l’a toujours encouragé dans tout ce qu’il entreprend. «Fatima est une femme très compréhensive. Je reconnais que je lui accorde très peu de temps à cause de mon travail mais elle accepte la situation. Je l’ai rencontrée dans un snack avec des amis que l’on avait en commun. Et j’ai eu le coup de foudre. J’ai toujours eu en tête l’idée de me marier avec une étrangère mais Fatima m’a fait changer d’avis», dit-t-il. A moins de 3 mois du «Freestyle Maroc Urban Dance», on ne peut que souhaiter bonne chance à ce danseur talentueux en espérant qu’il n’aura pas à épuiser les fonds de sa pharmacie.

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